

Vous trouverez ici, les pensées et réflexions d'un simple quidam qui, sans prétendre rivaliser avec La Bruyère, avec Montaigne, avec Diderot, avec Chamfort ou La Rochefoucauld, tient quand même à faire entendre son chant solitaire et parfois désespéré! Mais toujours avec humour!
Pour tous ceux qui l'aperçoivent ainsi de la route, cette incongruité phallique et bucolique a de quoi surprendre. Car il est bien haut d'une dizaine de mètre et ressemble à s'y méprendre à son copain de la place de la Concorde à Paris, si ce n'était une petite sphère de métal le terminant, et qui doit servir de paratonnerre.
Et bien, je connais son histoire, à ce tas de pierre!
Il date du 18ième siècle. Il a été bâti pour commémorer les trente ans de mariage du couple de châtelains qui régnaient alors sur ces terres. Il se dresse juste en face du château qui fût détruit par un "bourgeois" très républicain au 19ième siècle, son dernier propriétaire, pour convenance personnelle.
Il est réjouissant, charmant et émouvant de constater que ce symbole d'amour et de fidélité a survécu à tant de vicissitudes ; et à tant de stupidités humaines.
Alors, il trône là, tout seul, en plein milieu des champs, solitaire, pour combien de temps encore ? Nul ne le sait!
J'aime à penser que des esprits pleins d’attention, là-haut, veillent sur lui, pour rappeler aux passants, et aux promeneurs, que la seule valeur qui soit éternelle, dans ce monde imbécile, vaniteux et cupide, c'est l'Amour.
Comme le séjour était bénin et sans gravité, je me faisais déjà une joie de bénéficier de ce temps de repos pour lire, écrire, et regarder la télévision.
Tout s'est d'abord fort bien passé. Personnel aimable, souriant, au petit soin, rien à dire!
Mais voilà! Le soir arrivant, je me suis demandé quel pouvait bien être le physique de la charmante infirmière qui allait veiller avec tendresse et dévouement sur mon repos nocturne. Ce sont des détails qui comptent pour un homme abandonné des siens et de sa famille! N'est-ce pas messieurs?
Nous sommes loin de chez nous, apeurés, un peu stressés par cet environnement étranger. Nous sommes comme des enfants qui ont un très grand besoin de réconfort, disons…maternel ! Hein?
Tout à mes supputations esthétiques et un tantinet libidineuses, je n'entendis pas le "toc toc" à la porte de ma chambre!
HORREUR! Mes poils se hérissèrent sous la frayeur! Les poils seulement ! Je vous prie de le croire !
Deux « abominables hommes des cliniques » apparurent, plus velus et poilus que le Yéti lui-même! Et à voir leur tronche et leur bronzage, c'était pas des cousins de Bjorn Borg! Seules leur blouse blanche cachaient leur aspect simiesque!
C'était çà mes anges gardiens de la nuit ?!
J'ose le proclamer; c'est un véritable scandale! Une honte!
Où sont passées les infirmières de rêve et leur blouse transparente?
Je vous prie de croire que je me suis dépêché de m'endormir pour ne plus voir mes deux orangs-outangs !
Au petit matin, une beauté ravissante aux yeux bleus de lagon polynésien et au corps à faire défroquer un monastère de bénédictins, est venue me prendre la tension et m'annoncer que j’avais celle d'un jeune homme (merci)!
Il en fut ainsi pendant tout mon séjour.
Vous comprenez mieux maintenant, pourquoi je hais tant la parité?
Rendez-nous nos belles infirmières ! Celles qu’on voit dans « Urgence » et dans toutes les séries débiles de nos « lucarnes magiques » !
Soudain, une voix sort d’un des haut-parleurs suspendus au plafond de la vigie.
_Corail 15 demande roulage!
_Corail 15 autorisé à rouler pour la piste 06! Vent au 170 pour 6 nœuds! Rappelez au seuil de piste!
C'est que Corail 15 c'est pas n'importe qui! C'est le commandant de l'escadrille de chasse de la base d'Orange!
Et s'il a envie de faire un petit tour dans les nuages à 10 heures du soir, c'est son droit absolu!
Dans la vigie baignée de lumière, le jeune sergent contrôleur cherche bien à apercevoir le "mirage III C" du commandant dans l'obscurité fantomatique du dehors. Quelques feux clignotants rouges semblent montrer un semblant d'activité du côté des hangars.
Le contrôleur a fait l'obscurité dans la tour, en éteignant toutes les lumières, pour essayer de deviner l'avion, tout là-bas, à près de deux kilomètres!
_Corail 15 autorisé à décoller! Vent au 170 pour 5 nœuds, la pression au sol est de 1005 millibars, rappelez clair!
Je m'apprête à voir passer ce spectacle merveilleux d'un chasseur à réaction décollant de nuit, avec sa post-combustion allumée qui lui fait un "chalumeau" d'une dizaine de mètres derrière lui, et tout ceci dans un grondement d'enfer!
Mais les secondes se passent, angoissantes, sans que rien ne se produise!
Résultat?
Quinze jours d'arrêt de rigueur pour l'étourdi qui n'a pas compris que notre farceur de commandant était resté assis confortablement dans son bureau des opérations aériennes, et qu'il testait ainsi la vigilance de son personnelDéjà le grand Balzac faisait remarquer, dans les « illusions perdues » je crois, qu’il existe des êtres à qui toutes les indulgences sont accordées. Ils peuvent faire n’importe quoi, n’importe quelle bêtise. Il se trouvera toujours quelqu’un pour leur trouver des excuses ou mieux, ils auront toujours le pot, le bol insolent, de passer à travers toutes les sanctions, punitions, et procès. Et pour d’autres, on ne leur passera jamais rien ! Pas même le plus petit des écarts de conduite!
Vous vous doutez bien, que je fais hélas partie de la seconde catégorie!
Le dressage avait déjà commencé très tôt !
Dès que je piquais un bonbon ou que je disais un mot de trop en classe, c’était la paire de baffe et le coup de pied rageur dans le fondement qui pleuvaient instantanément !
Je ne voyais jamais rien venir ! Pas doué ! Mais pas doué du tout pour la mauvaise conduite, la polissonnerie, les roueries habituelles de l’enfance ! Pas malin du tout ! D’ailleurs, je ne le suis toujours pas !
Il y avait une putain de côte à monter avant d’arriver chez moi. Deux de mes petits voisins et amis étaient tout fiers de se faire remorquer par un camion, dès que l’occasion s’en présentait ! Je les engueulais copieusement à chaque fois pour leur manque de prudence.
Et eux de se foutre de moi, en me traitant de « trouillard » et de « dégonflé » !
Un jour maudit, étant seul et fatigué, je vois l’arrière d’un beau poids lourd qui me tendait les bras ! Je m’accroche….Badaboum ! Je me ramasse une gamelle !
Mais une gamelle, mes enfants ! Et devant qui ?
Un féroce motard de la gendarmerie qui surveillait ma manœuvre foireuse ! Je vous épargne l’engueulade et les menaces policières ! La guigne monumentale ! C’était à pleurer de rage et de désespoir !
L’autre jour, en randonnée, je sors une barre chocolatée (pas de publicité, siouplait !) de mon sac. Et là, je me fais prendre une leçon de diététique par une nuée de copines furibardes m’accusant de m’empoisonner avec des « saloperies pareilles » ! J’aurais sortis une banane enfilée dans un préservatif, que le scandale n’aurait pas été plus grand !
C’est pas tout ! L’autre soir, à Rungis, entre la chorale et le lyrique, j’ai un petit creux. Je sors la même barre chocolatée ! Et rebelote ! Je me reprends la même avoinée par des camarades bien intentionnés, et je re-subis les mêmes leçons de diététique sans broncher!
Et le comble du comble, c’est que j’engueule systématiquement mon épouse, toutes les semaines, quand elle achète ces « saloperies » au supermarché du coin.
_Tu vois pas que ça coûte la peau des fesses ? Que c’est bourré de sucreries qui nous bouchent les artères, et que si on fait pas gaffe, c’est l’attaque assurée et le fauteuil roulant ?
Mais vous connaissez comme moi, l’obstination marchande des épouses !
Vous comprenez maintenant, pourquoi je suis si sage ?
Pourquoi je ne trompe jamais ma femme ?
Pourquoi je respecte à la lettre les limitations de vitesse ?
Pourquoi je paie mes impôts à l’heure en déclarant le moindre centime ?
Pourquoi je fais réviser ma voiture en temps en en heure ?
Pourquoi je n’ai jamais insulté mes supérieurs, alors que j’ai souvent pensé que c’était des tarés irrécupérables ?
Ce n’est absolument pas la « vertu » qui m’habite, (le premier qui dit « de cheval » prend ma main dans la tronche !) mes pauvres amis, mais la TROUILLE ! A la limite de la lâcheté, oui !
Je suis condamné à la sagesse et à la tempérance !
Et quand j’écris « condamné » c’est bien le mot !
Vivement le paradis, que je puisse me bourrer la tronche tous les jours, baiser comme un satyre tout ce qui bouge, boire comme un trou, fumer comme une cheminée d’usine, dire des gros mots à longueur de temps, mentir sans vergogne, péter, roter, et surtout, surtout donner des baffes à tous ceux qui me cassent les noix avec des conseils à la con!
Enfin, vivre comme un être humain authentique quoi ?
Car si « l’enfer est pavé de bonnes intentions » Il est surtout peuplé d’agents du fisc, de gendarmes, de directeurs de conscience, de conjoints, et d’un tas « d’amis » qui vous tombent dessus au moindre écart de conduite, à la moindre déviation idéologique ou théologique !
Ah ! Mes chers amis ! Le vice et la débauche, ça se mérite ! Il faut simplement un peu de courage!
Il y en a qui sont naturellement doués pour cela, et d’autres pas ! Il faut savoir l’accepter !
........Quand nos aînés n'y seront plus ! Chantons nous fièrement, avec la Marseillaise !
Ben ! L’autre jour, nous y sommes entrés dans la « carrière » !
Et même « des » carrières ! Car aussi incroyable que cela puisse paraître, Paris, notre belle capitale en est truffée.
Et dans des endroits les plus incongrus !
Savez-vous que sous l’hôpital Cochin continue de s’affairer une drôle de tribu ? Cette tribu amoureuse de vieilles carrières abandonnées, s’est donnée pour tâche de les remettre en valeur pour être visitées. Mais encore sous le mode confidentiel ! Faut pas que cela soit la foule des grands jours comme pour les catacombes, qui ne sont pas très éloignées d’ailleurs!
Heureusement que les patients de l’hôpital, pour la grande majorité d’entre eux, ne savent pas ce qu’il y a sous leur lit ! Ils ne seraient pas rassurés quant à la solidité des fondations de l’édifice ! Mais paraît qu’il n’y a rien à craindre !
Donc toute la famille Gilbert est descendu dans les profondeurs ! Heureusement qu’il n’y eu pas d’éboulements catastrophiques, sinon, toute une fratrie était décimée d’un coup !
Plus une belle-sœur par ci, un beau frère par là, avec en « prime » un neveu, une nièce et le dernier des descendants de la lignée !
Alors, après avoir descendu un escalier d’une centaine de marche, nous avons découvert un nombre incroyable de galeries, de salles, de couloirs, de puits de service !
Tout un univers et une vie étrange nous est apparue soudain.
Nous avons même admirer un puit d’eau de source, et non pas de la Seine ! D’une transparence, d’une pureté incroyable ! Comme elle était éclairée par le fond, on aurait cru que sa surface n’était qu’une vitre de verre !
Des inscriptions mystérieuses parsemaient les murs. Mais la plus cocasse et la plus explicite était celle-ci : « SOUS LE POTAGER DU VAL DE GRACE »
A mon avis, y a des carottes qui ont dû disparaître sans que « Jeannot lapin » y soit pour quelque chose ! Cela m’a fait penser au film de Pierre Tchernia « Les Gaspards » où toute population de « réfractaires » à la civilisation s’était réfugiée sous la capitale, et où l’on voyait disparaître des poireaux dans le sol, à la stupéfaction d’un malheureux jardinier !
Comme nous n’avons perdu personne grâce à un comptage sévère et rigoureux,
nous avons terminé par un « apéro » maison sur une immense table de pierre, comme il se devait !
Juste un petit tour au « micro musée » avant la sortie, et hop ! Nous étions redevenus des parisiens « aériens » !