lundi 30 juin 2008

Tatanes mortelles contre « cup of tea »

Le moment de la sieste post-prandiale, et dominicale, est un moment sacré pour moi.
Il me faut un bon soporifique bien gentillet qui m’endorme les cellules grises en douceur.
Depuis des années, je l’avais trouvé dans la vision des coups de lattes et des
« bourre-pifs » efficaces de mon « rouquemoute » préféré ;
« Chuck Norris » dans « Texas Ranger » sur « thé-effe-huns" !
Et c’est alors que survint un malencontreux accident de « zapette » !
Par une distraction que je m’explique difficilement, je passe sur France3, et je tombe sur une enquête de l’inspecteur Barnaby « so british » !
Et là, la transition est tellement brutale, tellement énorme, d’avec mon précédent feuilleton, que dans les premières minutes, je suis au bord de l’éclat de rire !
Il faut dire que lorsqu’on voit un inspecteur de police, se faire proposer une tasse de thé, par un témoin d’une affaire criminelle, là où un regard foudroyant et meurtrier paralyse les consommateurs d’un bar louche aux gueules "pas tibulaires , mais presque", il y a de quoi se marrer, non ?
Et quand un gentleman, officier en retraite, tiré à quatre épingles, dans son beau costard en « touède », promenant son clebs au pedigree aussi long que celui de la reine d’Angleterre, se propose de donner son avis sur la manière de mener l’enquête à un inspecteur patient et poli, on voit un « Texas ranger » étrangler à moitié un affreux récalcitrant qui a eu le malheur de ne pas débiter assez rapidement l’adresse où l’on pouvait trouver la petite amie du concierge qui avait vu passer le bandit recherché !
Sans oublier, que lorsque l’on voit une gentille petite « mummy » proposer ses « cookies » sortant du four, à un jeune inspecteur ravi et gauche, vous avez, de l’autre côté de l’atlantique, un sauvage hirsute, en T-shirt cradingue, qui n’a pas vu une machine à laver depuis trois ans, sur le pas de sa porte, et qui éructe un sempiternel :
_ vous avez un mandat  ?
En exhibant une artillerie capable de couler un porte-avions !
Si ça, ce n’est pas un « choc de civilisation » qu’est-ce qu’il vous faut !
Moi, ce sont des petites choses comme ça, qui me ravissent !
Que voulez-vous ! On ne se refait pas !
Et je ne vous parle pas des paysages bucoliques de la verte campagne anglaise, dignes du peintre Gainsborough, et de ses petites chaumières si mignonnes qu’on les croirait sorties d’une aquarelle, à opposer à ces murs de briques d’immeubles sordides, ces hangars, ces entrepôts, ces rues sans âme et sans le moindre intérêt, sans la plus petite valeur esthétique ou architecturale de ces grandes villes amerloques !
D’ailleurs, tous ceux qui auront eu le bonheur de voir un jour, le film
« Un poisson nommé Wanda » comprendront parfaitement le choc culturel qui existe entre ces deux
 sociétés !
Et encore ! Ils « causent » la même langue, les « cousins » !
Alors imaginez avec le reste du monde !

Comparez les séries policières de chaque pays vaut toutes les études sociologiques du monde !

« Dis-moi comment tu cours après les criminels, et je te dirai qui tu es » !


_ " Do you want a cup of tea, my dear » ?
_“Yes, but, with a cloud of milk, please

_“I fuck you, bastard!”

mardi 10 juin 2008

Perfide « school man »

Ils sont franchement agaçant ces Anglais ! On les savait perfides, buvant de la bière tiède et de la viande bouillie, mais là, ils dépassent franchement les bornes !

Jugez plutôt !

Un jeune directeur d’une école anglaise de la Grande Bretagne « profonde » narrait à un journaliste français, complaisant et complice, tout son bonheur professionnel depuis que son gouvernement avait décentralisé la gestion des établissements scolaires !

Il pouvait embaucher les gens qu’il voulait ! Juger des bons ou mauvais professeurs immédiatement, sans avoir une grève sur le dos dans les vingt quatre heures.

Embaucher le personnel d’entretien qu’il voulait, en nombre qu’il voulait !

Il disposait librement d’un budget qui lui permettait d’acheter ce qu’il voulait, quand il le voulait, d’entreprendre les travaux d’entretien immédiatement, et sans en référer à personne ! Quel scandale ! Mais quels propos obscènes !

Le culot fut pourtant dépassé quand il osa dire qu’il avait beaucoup moins de paperasses à faire, et qu’il pouvait ainsi consacrer plus de temps à ses élèves ! Quel menteur, je vous jure !

Le comble de l’agacement, la perfidie suprême fut atteinte quand il proclama sur un ton suffisant et plein d’ironie :

« Vous, les Français, vous devriez en faire autant ! Vous seriez infiniment plus heureux ! »

De quoi je me mêle ? Mais c’est un monde çà !

Nous avons le meilleur système scolaire du monde ! Le plus efficace ! Le moins coûteux !

Les profs les plus dévoués, et les plus assidus à leur travail !

Ce ne sont pas des « prétentieux » et des « envieux » de l’autre côté du Channel qui vont nous faire croire le contraire ? Non mais !

Continuez à bouffer votre gigot bouilli avec de la menthe, mais ne nous donnez pas de leçon de gestion scolaire ! Surtout dans la patrie de Jules Ferry ! Ah ! Mais !

Sans oublier que la paperasse inutile, les complications administratives, les démarches ubuesques, les autorisations à la con, nous adorons cela ! Nos politiciens les multiplient à plaisir, comme le Christ multipliait les pains, au sermon sur la montagne !

C’est notre bonheur suprême ! C’est notre petit vice national ! Notre marque de fabrique ! Plus nous bouffons des formulaires inutiles, plus nous sommes heureux, et plus nous avons la sensation enivrante d’être vachement intelligents et sérieux !

Si cela n’était pas le cas, nous serions aussi bêtes

et peu « civilisés » que cet inconscient de prof anglais !

samedi 7 juin 2008

Selon que vous serez chat ou chatte !

Pour vous rafraîchir la mémoire, La Fontaine écrit dans : « les animaux malades de la peste » cette maxime toujours tristement d’actualité :

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Moi, j’ai la version féline de cette histoire !
Nous avions un brave matou au poil roux, qui fut nommé, dans un excès de lyrisme et d’originalité : « caramel » !
Ce brave tas de poils, recueilli chaton fragile, dans une ferme, au fin fond d’une province française, eut une vie des plus « spartiates » !
Mon épouse, qui ne prisait pas spécialement ce genre de bestiole, le traitait par-dessus la jambe. Ce que l’animal sentit fort bien dès le début.
C’est ainsi que devenu adulte, « Raminagrobis » vaquait indifféremment entre la maison et sa « résidence secondaire » sous les fondations des bâtiments de l’école d’en face.
A part sa pâtée quotidienne, et un bon coup de pied dans l’arrière train pour lui faire comprendre d’aller dormir dans sa « maison de week-end », c’était tout ce qu’il recevait comme affection et tendresse de la part de la maisonnée.
Il en a passé des nuits d’hiver à la belle étoile, sans que personne ne se soit soucié le moins du monde de son sort ou de son confort.
Etant aussi d’un tempérament un peu « con-con », sans originalité, et d’une discrétion maladive, il ne nous a pas laissés de souvenirs impérissables.
Pauvre bête morte dans mes bras, chez le vétérinaire, parce que personne ne voulu se charger de cette besogne désagréable !
Après une période de deuil raisonnable, nous décidâmes d’adopter une autre bête à fourrure pour remplacer le « défunt ».
Mon fils cadet fut chargé de cette « lourde tâche » !
On lui refila un chaton qu’il prit imprudemment pour un chat.
La visite suivante chez le veto nous amena une cruelle désillusion : c’était une chatte !
Cet abruti de fiston c’était fait refourguer une femelle !
Avec toutes les conséquences découlant de ce triste état de chose !
Il a fallu faire opérer « mademoiselle » nommée d’une manière très « snob » et très « seizième » : Keny !
Et ce n’était que le début !
Car Keny se révèla d’un tempérament de feu ! Une tornade ! Une espiègle ! Une véritable « trompe la mort » !
Si bien qu’elle revint un jour, gravement blessée au flanc, pour une raison restée totalement mystérieuse.
Alors de nouveau opération, bandage, médicaments etc…. !
Mais le pire, c’est qu’elle ne nous lâche pas d’une semelle.
La moindre porte de placard, la porte de four, du lave-vaisselle ouverte, et hop !
Mademoiselle est dedans !
Je me demande encore comment elle n’a pas réussi à se faire shampouiner grave ou que nous n’ayons pas eu du civet de chat pour le dîner !
L’autre jour, je me mets à plat ventre pour voir sous un buffet. Que vois-je avec stupeur ?
Miss Pussycat le visage presque collé au mien, regarder dans la même direction, pour voir ce que je cherchais aussi !
Plus curieuse qu’elle ? Tu meurs !
Je ne peux plus me laver les dents ou me raser sans que la boule de poils se ramène à la vitesse de l’éclair sur le lavabo pour jouer avec l’eau du robinet !
Dans mes combles, j’ai aménagé un bureau où se trouve mon ordinateur.
Un jour, j’entends un drôle de bruit au-dessus de ma tête !
Je lève les yeux, et j’aperçois un petit visage pointu et interrogateur !
Ahhh ! Cette cascadeuse était sur la vitre de ma fenêtre de toit !
Par où était-elle grimpée ?
Maintenant, elle entreprend une croisade personnelle contre nos pauvres pigeons qui vivaient là, peinards depuis des années, pensant à tort, que le toit de la maison était un refuge très sûr.
Elle a aussi, une tendresse toute particulière pour mon imprimante photocopieuse.
Dès que je lance une impression, elle colle son oreille sur l’appareil pour en écouter le bruit mystérieux.
Mais lorsqu’elle commence à mettre sa patte dans le chargeur à papier pour y trouver une hypothétique nourriture, je suis obligé d’intervenir sévèrement !
Si je vous dis que lorsque je vais à la boulangerie, chercher mon pain, Miss Keny m’accompagne comme un vulgaire toutou !
A la stupéfaction du quartier, qui n’ont jamais vu un phénomène aussi étrange!
Autre caprice ; Mademoiselle est une « lève-tôt » !
Si nous ne lui apportons pas son petit déjeuner assez rapidement, elle monte sur la commode de la chambre, examine nos ronflements et la qualité de notre sommeil.
Et quand elle en a marre, délicatement de sa petite patte, elle balance par terre tous les objets traînant sur le meuble ! Montres, lunettes, pièces de monnaie !
Jusqu’à ce qu’enfin, agacés, réveillés par le bruit, et en colère nous nous levions furieux pour la suivre jusque dans la cuisine, obéir à ses injonctions prandiales.
Un vrai fléau !
Mais le comble, c’est le « gâtisme » dans lequel sont tombés quelques membres de ma tribu.
Dès que mademoiselle a un peu de fièvre, un regard torve ou un petit manque de punch, c’est tout de suite le veto !
Le soir, si Keny ne répond pas à l’appel du « clairon » pour venir se coucher, l’angoisse est à son comble.
Personne ne dort si la « miss » n’est pas rentrée !
Quand je pense à mon pauvre « caramel » à côté de tout ce cirque !
Avouez que la vie est plutôt mal faite !
Comme pour les chats, il y a des individus qui resteront transparent, et d’autres qui seront adulés.
Il y en a à qui on pardonnera tout ou beaucoup de choses, et à d’autres, rien du tout !
Pourquoi ? Mystère !
Relisez « les illusions perdues » ! Balzac en parlait déjà !

Alors : Selon que vous serez chat ou chatte, vous serez méprisé ou bichonné.

vendredi 6 juin 2008

Esprit es-tu là?

Pour une fois, je ne vais pas m'adresser à des "âmes", puisqu'il semble que cette notion fasse ricaner doucement dans les chaumières "positivistes", mais aux "tas de viandes", aux "amas de cellules" remarquablement organisées que l'on nomme communément "être humain"!
Suivant l'idéologie triomphante actuelle, nous ne sommes que des organismes chanceux issus du "hasard et de la nécessité !"
Fort de ce postulat, nous n'avons pas plus d'intérêt qu'un chien, qu'un chat, qu'un poisson rouge ou qu'un cancrelat égaré dans une cave sombre!
A entendre certains, il semblerait même, que nous en ayons encore moins!
L'homme est un animal nuisible, un pourri, un prédateur redoutable, un goinfre, un inutile ravageur de cette « merveilleuse » nature qui nous entoure.
On se demande même, s'il ne faut pas nous éliminer radicalement de la surface de cette terre, pour que tout aille mieux, et que cet Eden soit enfin préservé!
La nature est quand même un peu stupide pour avoir engendré ce « virus mortel! » pour elle!
Mais il y a pourtant une chose bien étrange dans l'Homme!
Comment se fait-il que j'ai l'intime conviction de ne pas être que de la chair et du sang?
Pourquoi la nature, dans sa grande sagesse, m'a donné ce sentiment iconoclaste pour elle, que je ne suis pas entièrement possédé par elle, et que je ne lui appartiens pas tout à fait ?
Qu'il y a des domaines où elle ne m'atteint pas, et qu'elle ne m'atteindra jamais ! Etrange non?
Et que faire de l'Amour? Je ne vous parle pas du simulacre de la reproduction, ni de la passion, qui ne sont que des débordements hormonaux et glandulaires, mais de l'authentique Amour! Celui qui est dévouement absolu! Don de soi!
Qui fait que l'Autre passe avant soi!
Et ce sentiment étrange, qui devrait être partagé par tous, celui du mystère total et mystérieux de sa propre existence!
Celui qui fait que quels que soit vos pauvres arguments rationnels et vains, j'ai l'intime conviction de l'existence d'un monde où règne un bonheur éternel!
Je vous défie de me faire croire que cela ne procède que de combinaisons chimiques!
Pour une raison bien simple: écoutez votre propre cœur!
Il ne vous parlera pas de chimie, ni de biologie!

Esprit es-tu là?

Seul du berceau à la tombe

Aujourd’hui, on dépose les langues de belle-mère, les confettis, les chapeaux de clown pour parler de choses, sinon « sérieuses », du moins, intéressantes !
Il est un mystère insondable pour moi ; c’est celui de ma propre existence !
Et je vais faire preuve d’un nombrilisme, d’un égocentrisme absolu !
Car il est une vérité que je ne peux me contester : le monde n’existe que par moi, qu’à travers moi, qu’à travers mes sens, et ma réflexion ! Et vous ne pourrez strictement rien n’y changer !
Même à me menacer de me couper en morceaux ou de me faire boire du Whisky !
Que dis-je le monde ? L’univers entier !
Cet univers est né avec moi, il disparaîtra avec moi ! Pour l’instant, c’est la seule certitude que je possède ! Et ce ne sont pas les milliards d’informations emmagasinés dans ma pauvre cervelle depuis que je suis né, qui me feront changer de sentiment ! On aura beau m’expliquer que l’univers à cinq milliards d’années d’existence, qu’il est né du Big-Bang, que je descends du singe, que mes sentiments dépendent de mes hormones ou de mes neurones !
Je m’en fous ! Je m’en contrefous, parce qu’il y a une vérité au-delà de tous ces faits, une vérité intérieure, une vérité mystérieuse, intraduisible, incommunicable, viscérale et intuitive qui me fait appréhender une réalité encore plus importante que toutes celles dont on m’abreuve depuis ma naissance : j’existe, mais je ne sais pas pourquoi !
Je sais ! Il y a un vieux philosophe poussiéreux, du nom de Descartes, qui a dit :
« Je pense, donc je suis » ! Et je suis frustré de savoir qu’il m’ait piqué cette idée avant moi !
Descartes avait la réponse de son temps ; « Si j’existe, Dieu est » !
Je veux bien concevoir, que s’il y a mystère, il y a forcément quelqu’un qui connaît la réponse à ce mystère ! Et pourquoi nous avoir fabriqué ce décor fabuleux qui nous entoure ? Et dans quel but ?

A l’instar du héros du film « The Truman Show » joué par Jim Carey !
« Quelqu’un » m’a fabriqué un « décor » où s’agitent un tas d’animaux et de bipèdes ayant à peu près ma ressemblance, mais qui me sont totalement étrangers !
J’essaie bien de calquer mon comportement, mes goûts, mes opinions sur ce que je crois être les leurs.
Malgré tout, j’ai l’intime conviction que c’est une sinistre comédie que je me joue à moi-même, depuis mon enfance !
Un jour, j’ai vu le début d’un autre film : « Superman » où des parents affolés d’une planète en perdition, déposaient leur unique gamin chéri, dans une météorite qui atterrissait sur terre !
Ca y est ! Me suis-je écrié ! C’est moi ! C’est tout à fait moi !
Les pouvoirs surnaturels en moins, bien sûr ! On ne peut pas tout avoir !
Et depuis, je crie (mais intérieurement !) « Maison ! Maison » !

Pour vous prouver que je ne suis pas le seul à avoir eu ce sentiment, Lamartine a écrit :
« L’homme est un dieu déchut qui se souvient des cieux » !
Hein ! Et c’était au dix neuvième siècle ! Clark Kent n’était pas encore né !
Plus sérieusement, je n’arrive pas à croire que je sois le seul à avoir ce genre de sentiment.
Car, quand on y réfléchit bien, il est absolument indubitable que notre propre existence est un mystère absolu pour nous-même !
A moins d’avoir le QI d’une huître ou celui de certaines chanteuses actuelles, on ne peut échapper à ce tourment existentiel ;

_Mais qu’est-ce que je fous ici ?
_Mais qui m’a fait venir pour assister à ce spectacle à la con, avec ces mauvais acteurs, dans ce théâtre maudit, parfois véritable cauchemar, sans m’avoir demander mon avis ? Hein !

Celui qui ne s’est pas posé une seule fois cette question, au cours de son existence, peut être considéré comme un débile profond !
Et ceci m’évite le risque d’être pris pour un paranoïaque convulsif et incurable !
Donc, nous sommes bien seul du « berceau à la tombe » !
Dans ma jeunesse, j’ai été plus que fasciné par le chef-d’œuvre de Stanley Kubrik :
« 2001 l’Odyssée de l’espace » !
Mais plus que les décors, les effets spéciaux, l’histoire fabuleuse, c’est la fin du film où l’on voit l’astronaute rescapé attendre dans une pièce froide et sans âme, d’une blancheur aliénante, sa mort et sa résurrection, qui a longtemps hanté mon esprit.
J’ai souvent l’impression tenace d’être ce voyageur qui attend avec patience la fin de tout ce cirque infernal, pour espérer un destin meilleur au-delà du monde !
Certains, pour nous consoler de cette désespérance conceptuelle, nous disent que nous avons une « mission » à remplir ici bas ! Ah ouais ? Laquelle ?
Et mieux, qu’il y a l’Amour comme « médicament » à cette maladie originelle !
C’est bien gentil, tout ça ! Mais ceux qui ne l’ont pas trouvé ce « médicament » ?
Ceux qui ne savent pas soudoyer le « pharmacien » pour se payer ces pilules miraculeuses ?
Qu’est-ce qu’ils font ? Ils leur restent quoi ?
Je crois plutôt que l’amour est comme le bandeau sur les yeux du condamné à mort que l’on fusille devant la troupe !
Ou celui du trapéziste qui marche sur un fil, au-dessus du vide !
D’ailleurs ne dit-on pas que « L’amour rend aveugle » ? Et c’est pas un hasard !
Car pendant ce temps-là, on ne pense plus ! On ne réfléchit plus !
On est comme anesthésié, hypnotisé par le Grand serpent Kââ !
Le fameux « abêtissez-vous « de Pascal !
Non content de sa belle phrase, Blaise pour les intimes, ajouta : « le moi est haïssable » !
Ben voyons ! C'est-à-dire qu’il ne faut plus penser à soi pour être heureux !
Fini ! « a pu » ! Le grand « bonheur » c’est celui de la fourmilière où des millions d’insectes ne pensent pas non plus à eux, mais à la collectivité ! Les termites non plus ne sont pas mal dans ce schéma !
Alors pourquoi nous avoir donné la « conscience de nous même » ? Il suffisait de nous retirer cette faculté stupide et improductive pour que nous soyons tous heureux !
C’était simple non ?
C’est bien là une grande perversité de Celui qui a conçu cette mécanique humaine.

Alors, il paraît, « on » m’a dit que Dieu nous a fait à son image !
Image « spirituelle » bien sûr ! Car pour le physique, j’espère qu’il est plus génial que ça !
Car je ne suis pas du tout satisfait du mien ! Et il s’est bien gardé aussi, de créer un « service après-vente » !
Je suis donc un petit « Dieu » quelque part ? Je m’en doutais un brin !
Il n’y a que ma femme , mes enfants et ma chatte pour ne pas s’en être encore aperçu !

mercredi 4 juin 2008

Je ne peux plus vous sentir!

N'allez pas croire, qu'il s'agit de ma part d'une crise de misanthropie aigüe, d'une révolte définitive contre la race humaine!
Quoique parfois, il me vienne bien cette sombre pensée quand je vois certaines choses à la télé ou que l'on me fait une queue de poisson sur la route.
Je n'irais pas jusqu'à dire, comme Michel Simon:
_ Le monde entier est à balancer aux chiottes, à part peut-être, deux ou trois putes!
Mais lui, c'était un vrai misanthrope!
Non, plus prosaïquement et vulgairement, à la suite d'un rhume banal, j'ai perdu l'odorat!
C'est vicelard, ces choses là!
D'abord on croit avoir le nez bouché.
Mais lorsque j'eus cuisiné avec amour, une belle recette de soupe à l'ail qui empesta la maison, au grand scandale de mes proches, et que je ne sentis rien du tout, un soupçon angoissant se fit jour dans ma cervelle.
Lorsque que je hachais un oignon, il me fallu un certain temps pour comprendre qu'il ne me faisait plus chialer comme d'habitude.
Poussant l'expérimentation plus loin encore, j'avalais une cuillérée entière de moutarde, qui me brûla la langue, mais laissa totalement indifférent un blase déjà mort!
Pris d'une panique irrépressible, je me mis à renifler comme un perdu tout ce qui passait sous mes narines! Peine perdue! Plus aucune odeur!
Fini le parfum des fleurs et des eaux de toilette.
Fini les bonnes odeurs de grillades de barbecue, de cuisine, de fruits, de légumes.
Tout un univers a disparu pour moi! Je consultais, bien sûr!
Mon oto-rhino, très sympa, et joyeux, me signala que cela risquait d'être définitif!
Paraît que certains virus du choriza ont la « gentille » particularité de bousiller les cellules nerveuses de l'odorat.
Et fièrement, il m'annonça qu'il rencontrait deux ou trois cas comme le mien, tous les ans!
J'en suis très heureux pour lui, et pour ses statistiques!
Je ne gagne jamais au Loto pour l'excellente raison que je n'y joue jamais, mais là, j'ai décroché le gros lot.
Mais comme je rétorquais au praticien:
_Au moins, l'avantage de cette situation, c'est que si je ne sens plus les bonnes odeurs, je ne sens plus les mauvaises, non plus!
Il me répondit guilleret:
_Ah! Je vois que vous positivez votre situation!
Tu parles Max! Faut bien!
Oui! Car aussi fini les odeurs pestilentielles du « gros cul » qui vous précèdent, et qui n'a pas fait régler son carburateur. C'est comme pour certaines odeurs corporelles; quand je côtoyais certaines copines, dont je tairais pudiquement le nom, certaines effluves passées cinq heures du soir, m'incommodaient fortement.
Par galanterie et pudeur, j'étais obligé de me taire.
Maintenant, je peux me coller à elles, avec délices et délectation sans aucune gêne olfactive! C'est-y pas intéressant?
Bon! D'accord! Je ne me sens plus non plus!
Il va me falloir faire attention à l'attitude de mes compagnons.
Si je les vois s'éloigner discrètement, avec une tronche légèrement dégoûtée, c'est qu'il est passé « cinq heures » aussi pour moi!
Ah! Il y a aussi, les « perles », les bonnes « grenades à gaz » d'hydrogène sulfuré, H2S pour les chimistes!
Je peux maintenant relâcher mes sphincters dans ma bagnole!
Je ne suis plus incommodé du tout!
C'est pour le voisinage que cela peut encore être délicat!
Mais que voulez-vous, je ne vais quand même pas me mettre un détecteur lumineux ou sonore dans le falzar?
Si tant est que cela existe!
Autre chose encore!
J'avais toujours eu une répulsion colossale pour toutes les odeurs de poissons frais ou de marée. Cela m'en faisait parfois suffoquer de dégoût! A tel point, que même dans les supermarchés, je faisais toujours un crochet pour éviter systématiquement le rayon poissonnerie. Maintenant, je peux mettre mon tarin à dix centimètres de la gueule d'une anguille, d'un bar ou d'une roussette, sans avoir une irrépressible envie de me barrer en courant!
Vous voyez que tout n'est pas désespérer dans mon état!
On peut même y survivre, et très bien! L'autre jour, en passant devant un cirque en tournée dans notre commune, j'ai brusquement senti une odeur de fauves. Ce dont je fis part à l'oto-rhino! Et celui-ci, pour me refroidir définitivement le moral m'annonça qu'il s'agissait d'un « mirage olfactif »!
C'était bien la première fois que j'en entendais parler!
« Un mirage olfactif »! V'là aut'chose!
Le seul ennui collatéral, c'est que l'absence d'odorat, se conjugue avec une absence de goût!
Et là, c'est beaucoup moins drôle.
Mais excellent pour débuter un régime.
Alors pour me consoler de mes sombres pensées sur ma poésie olfactive perdue à jamais, je me suis mis dans mon canapé, j'ai allumé la télé, et je suis tombé sur le film:
« Le Parfum » d'après le roman de Süskind! Il y a des guignes, comme celle-là, à laquelle on n'échappe jamais tout à fait!

QUAND JOHNNY DEPOUILLE JEAN-PHILIPPE

Après ma « lettre à Jean-philippe » qui n’était qu’un cri d’humeur, de chagrin et de colère, je me suis mis à réfléchir sur toute l’épopé...