jeudi 8 mars 2012

Sisley et sept beaux


Ce n’est pas terrible. Je le sais ! J’aurais pu écrire aussi : Sisley, mais c’est beau !  Bon ! On arrête là les jeux de mots vaseux pour passer à l’essentiel : L’autre jour, j’ai fait ma randonnée habituelle dans ce petit village béni des dieux de l’art pictural : Moret-sur-Loing. Car, pour ceux qui l’ignoreraient encore, Moret est la cité des impressionnistes et surtout de l’un des plus célèbres d’entre eux : Alfred Sisley. Alfred, pour les intimes, et malgré un prénom bien de chez nous, était anglais. Ce qui ne l’a pas empêché d’être un amoureux fou de ce petit coin de France loin de son Albion ancestral. Pour revenir à Moret et à ses berges du Loing, il faisait un temps gris, bas de plafond, triste comme un discours politique de campagne électorale. Ce qui ajoutait à la désespérance du climat, c’était cette nature sans feuilles d’un hiver qui se traîne, avec ces arbres squelettiques et endormis. Malgré tout, la promenade le long du canal était passionnante grâce l’armada de péniches amarrées, bigarrées, parfois aux couleurs vives, et même criardes, plus étranges et originales les unes que les autres ! Et là, au détour d’un petit pont, sur une pelouse dégagée, au bord du canal, on aperçoit soudain un panneau rectangulaire, blanc, planté sur un piquet, incongru, solitaire. Qu’est-ce ? On s’approche. Ô stupeur ! Ô bonheur étrange et sublime ! Un tableau ! Et pas n’importe lequel : peint par l’artiste lui-même. Et que représente-t-il ? Précisément le paysage que l’on a sous les yeux.
Alors là, je vous demande un moment de réflexion. Voilà un tableau qui vaut une fortune, des millions de dollars, qui dort sur une cimaise de musée, et moi, et les promeneurs occasionnels qui passent  par-là, nous pouvons jouir « gratuitement » de la beauté du même spectacle. Ce n’est pas formidable ?  Et ce petit « miracle » va se reproduire une bonne dizaine de fois, tout au long de notre itinéraire pédestre.  Certains « pisse-froids », des hépatiques chroniques vont encore jouer les rabat-joie en nous faisant la réflexion que le paysage a bien changé, que la « vision » intimiste de l’artiste transfigure ce même paysage, que l’art « sublime » la pauvreté brute d’une image vulgaire imprimée dans notre cerveau par un œil bestial et désespérément matérialiste, concret et sans aucune poésie.  Certes !  Réflexion aggravée par le fait que nous n’étions pas à la même saison. Le tableau a été peint par un bel été lumineux. Bref ! De retour à la maison, j’examine ma moisson d’images. Bien triste ! Rien qui puisse faire rêver un amateur de belles photos.
C’est alors que je me souviens, imbécile que je suis, que j’avais fait la même randonnée, trois ans plutôt, mais en été, ce coup-ci. Et les photos dormaient encore dans mon ordinateur.
Ah mes aïeux ! Changement de décor ! Par la magie de mon appareil photo numérique, j’ai retrouvé cette beauté sublime de la nature autour de Moret. Tout y était ! La belle lumière, les arbres magnifiques, les saules pleureurs, le charme et la douceur des lieux. Ce petit village est bien un petit coin de paradis. Maintenant, je comprends qu’un peintre génial comme Sisley ait pu en tomber amoureux.  Et pour bien vous démontrer que je n’exagère pas je m’en vais vous montrer une photo que j’ai prise et qui aurait peut-être plu à notre grand artiste. Et voyez comme le sort des cités est parfois étrange. Les Allemands, pendant la dernière guerre eurent l’idée « généreuse » et « bienfaitrice » de faire sauter le pont de Moret pendant leur retraite. Ce qui eut pour effet de détruire, par la même occasion les constructions hideuses de l’ancien moulin que l’on peut voir sur le tableau de Sisley, au début de cet article. Ce qui a permis de dégager une belle vue de la ville et de la rendre ainsi encore plus belle.
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