lundi 30 avril 2007

Abeilles contre fourmis.

















Notre professeur de « sciences naturelles » était un jeune breton d’une trentaine d’année, au visage rond et éternellement hâlé. C’était une « peau de vache » redoutable qui nous terrorisait par sa discipline de fer. Mais celle-ci était tempérée par un humour ravageur et un sourire canaille qui ne le quittait jamais ! C’est un passionné des matières qu’il enseignait !
Il nous entraînait souvent dans des musées ou des carrières de gypse, en nous détaillant avec fougue et enthousiasme tout ce que nous pouvions y voir !
Le coup de pompe au cul féroce, et la paire de baffes voltigeuses n’étant jamais très loin non plus !
Bref ! Un excellent enseignant, comme il n’en existe probablement plus.
Le temps était venu, dans le programme de la classe, de nous parler
des « insectes sociaux »
Et les deux principaux étant, comme chacun le sait, (ou l’a complètement oublié) ;
les fourmis et les abeilles ! « La fourmi n’est pas prêteuse ! C’est là son moindre défaut ! »
mais ce qu’ajoutait monsieur Boucher (oui ! c’était son nom !)
c’est qu’elle possède aussi un semblant d’initiative, en étant capable d’assumer des tâches pour lesquelles elle n’était pas formée à sa naissance ! Au contraire de l’abeille qui est un véritable robot à ailes vrombissantes !
C’est tellement vrai qu’à notre époque merveilleuse de miniaturisation, les chercheurs militaires américains testent des « drones » copiés sur ces fameux insectes !
Le drone étant un avion sans pilote pour les quelques rares ignorants qui ne le sauraient pas encore !

Donc l’abeille est un animal un peu « con-con » et légèrement borné qui ne connaît qu’une seule mission à accomplir :
la sienne !
On butine, on protège, on nourrit, on construit, un point c’est tout ! Pas d’heures « supp », pas de travail au black, pas de fantaisies !

Notre sémillant professeur en était là de ses explications quand survint sans prévenir, en ouvrant brusquement la porte de la classe, notre ineffable secrétaire scolaire. Femme sans âge, petite, au regard torve, aux lèvres outrageusement peinturlurées d’un mauvais rouge à lèvres, elle était chargée des tâches administratives de notre joyeux collège. Revêche, jamais souriante, sa démarche voûtée trahissait l’aigreur d’une vie de vieille fille sans passion.

La discussion furibarde et animée qui suivit, entre nos deux adultes, n’eut pas toute la clarté que nous aurions désirée pour le mécanisme délicat de nos jeunes cervelles !
Les histoires d’adultes, c’est toujours compliqué !
Mais il ressortait très clairement que notre jeune maître, et ceci à la vue de son visage rubicond (ce n’est une pierre précieuse idiote, mais une couleur), et de ses yeux noirs de fureur, qu’il aurait volontiers étranglé son interlocutrice, le soir, dans un coin sombre des bâtiments de notre école !

Quand elle tourna enfin les talents, et disparut à notre vue, notre entomologiste nous fit face, et de son sourire le plus canaille nous dit :

_A votre avis ?

Et la classe dans un cri unanime et vengeur : « UNE ABEILLE » !
Le petit sifflotement de contentement de notre jeune professeur, en regagnant son bureau, faisait plaisir à entendre, tellement il exprimait le plus grand bonheur et le plus profond des contentements de soi. Il était ainsi rassuré sur l’efficacité de sa pédagogie.

samedi 28 avril 2007

Une question de choix.

Un jour, je regardais le film;"Les Milles:le train de la liberté" film de Sébastien Grall avec ce merveilleux Jean-Pierre Marielle incarnant le courageux Commandant Charles Perrochon.
Voilà un officier gravement blessé par la grande guerre, ayant sous sa responsabilité un camp d'internement pour prisonniers politiques dont beaucoup d'Allemands!
Quand la France fût vaincue il aurait dû rendre ses prisonniers aux autorités civiles pour qu'elles fassent la chose la plus abjecte qui soit; les livrer aux nazis! Il préféra réquisitionner un train, sous sa propre autorité, au mépris de tout ce qu'il avait appris sur la grandeur et la servitude militaire; notamment l'obéissance absolue aux ordres de sa hiérarchie.

Dans le "Crabe tambour" de Pierre Schoendorffer, Jacques Perrin joue un officier qui n'a pas voulu renier sa parole donnée aux combattants musulmans qui s'étaient battus à ses côtés! Il aurait dû le faire, il aurait continué la belle carrière d'officier de marine et terminer dans la peau du commandant de frégate joué par Jean Rochefort!


Le Marquis de Montespan était très amoureux et fidèle à sa charmante épouse, chose rare et même exceptionnelle, dans ce milieu obséquieux et servile des courtisans de la cour de Louis XIV! Quand celle-ci le trompa pour le monarque, il aurait dû en être flatté, comme beaucoup d'autres, et en profiter grassement! Non! Il préféra s'afficher un soir de bal à la cour, avec d'immenses bois de cerf sur la tête! Il fréquenta même une prostitué vérolée, pour refiler cette maladie honteuse au roi débauché, par l'intermédiaire de l'infidèle, ce qui lui valu son exil dans ses terres, où il organisa les "funérailles" de la traîtresse! Il devint ainsi « veuf in partibus » Quel est le dénominateur commun de ces trois personnages? La devise de l'ombrageux marquis:



"Mon âme est à Dieu!" 
"Mon épée est au Roi"
"Mon honneur est à MOI!"
PS Une coïncidence extraordinaire en amenant une autre ; en faisant une recherche sur le Crabe Tambour,je suis tombé sur les mémoires de Pierre Guillaume qui a inspiré l’histoire du film à Pierre Schoendorffer ! Et devinez quelle fut ma stupeur et mon étonnement de voir que cet officier français a repris presque textuellement la devise du marquis, pour le titre de son livre ! Or ce texte, je l’ai écrit il y a cinq ans déjà ! Hallucinant, non ? Des fois, je me fais peur !

Les sœurs oubliées.

Non, je ne vais pas vous parler des sœurs Brontë ! Pas plus que des sœurs Tatin et de leur tarte. Pas non plus des sœurs carmélites du couvent de l’Immaculée Conception. Pas même des « Andrew sisters » ! Quoique là, il y aurait quand même, comme un léger rapport ! Nos chers potes anglais, qui ne savent pas faire les choses comme tout le monde, ont décidé que leurs navires appartenaient au monde féminin ! Ils prennent peut-être leurs femmes pour des barcasses où l’on peut planter son mât ! Allez savoir ? Et quand deux bateaux ou même deux coques de noix, ont été fabriquées à l’identique, ils les qualifient de « sisters ship » ! Des frangines en quelque sorte ! Ces deux sœurs oubliées sont celles d’une « pimbêche » qui se prenait pour une poule de luxe, parce qu’elle fréquentait du beau monde, mais qui s’est ratatinée lamentablement sur un vulgaire glaçon traînant dans l’océan Atlantique ;
« la » Titanic !

Sur cette photo on voit "la" Titanic et "la" Olympic côte à côte! On ne peut pas mieux comme preuve!





Donc, les deux autres frangines sont « la » Olympic et « la » Britannic ! « la » première a navigué pendant trente longues années et transporté plus d’un million de passagers, sans le moindre incident ! Vous croyez que l’on en a « causé » dans « l’poste » ? Rien ! Nada ! Pas le plus petit article ! Quand on lit ce qu’ont raconté des légions de crétins de journalistes au sujet du Titanic, comme quoi, c’était pas un bateau insubmersible, qu’il avait été mal conçu, que les hommes auraient trop prétentieux de défier ainsi la nature, et nana ni, et nana nère ! Quelle bande de pisse-copies nuisibles!


Pauvre Thomas Andrew ! Le jeune et intelligent architecte qui pondit ces trois merveilles ! Quel tort imbécile on a pu lui faire ! Et il est mort bravement sur celle dont il pensait qu’elle lui assurerait sa gloire ! Triste gloire posthume !




Enfin, il y eut « la » Britannic » ! Plus puissante, et légèrement plus longue que ses deux sœurs. Cette pauvre « Britannic » devait avoir aussi un sort funeste, car elle coula à la suite de sa rencontre malheureuse avec une mine allemande, du côté des Dardanelles ! Cette stupide mine allemande n’ayant pas compris que ce bateau était un navire hôpital (heureusement vide de blessés !) tout blanc, avec une belle croix rouge sur ses flancs !








Encore une fois, la conception et les calculs de Thomas Andrew n’y étaient strictement pour rien !



Je me souviens d’avoir vu un documentaire où l’on voyait le commandant Cousteau, dans sa soucoupe sous-marine, avec une vieille infirmière de 80 ans, qui revenait ainsi sur le navire où elle avait servi 60 ans plus tôt ! Emouvant, non ? Et aucun James Cameron pour venir s’intéresser à cette pauvre épave qui n’intéresse strictement plus personne !

Comme le chantait Brassens ;
« Trompettes de la renommé, vous êtes bien mal embouchées ! »
Je dirais même plus ! Complètement bouchées ! Et si vous ne croyez pas à ce scandale historique que je dénonce ainsi, je vous montre quelques documents photographiques qui l’attestent. Je vous donne le lien d’un internaute qui a eu le même besoin que moi, de réparer une flagrante injustice !

http://perso.orange.fr/titanic/page59.htm

mercredi 25 avril 2007

Mon "Titanic" à moi.


Ah ! Ah ! Je sens que je commence à en faire baver plus d’un (et d’une) de curiosité. Qu’est-ce que c’est que ce « Titanic » ? Notre narrateur aurait-il échappé à un naufrage catastrophique, lui aussi ? La dernière fois, je vous avait raconté mon départ de cette île lointaine qui m’avait vu naître, Madagascar. Mais ce que vous ignorez sûrement, c’est qu’une petite graine mâle avait été mise dans le ventre de ma maman, un beau jour d’été, par un père viril et amoureux, dans ces Ardennes aux collines sombres, boisées et mélancoliques, que Rimbaud avait fuit un siècle plus tôt ! Donc, en tout logique, et si vous avez bien tout suivi, il a bien fallu que ce bourgeon ardennais fasse un long périple pour éclore dans la savane tropicale ! Après ça, étonnez-vous que je ne sois pas un peu braque et « bizarre » ! Et ce périple aventureux, plein d’embûche et de souffrance, c’est ma mère qui se l’est payé ! D’une manière toute conventionnel pour l’époque ; en bateau ! Ce navire portait le nom d’une de nos plus grandes gloires scientifiques et archéologiques ; Le Champollion ! Je pourrais, avec le talent que vous me connaissez, en faire moi-même le récit. Mais il se trouve que j’ai retrouvé un vieux cahier écrit de la main de ma propre mère, racontant cet « Odyssée ». Même avec toutes les imperfections de style qu’il contient, sa spontanéité mérite que son récit soit rapporté tel quel :


« Le Champollion était un vieux rafiot qui avait dû faire plusieurs guerres. Il était haut. Trop haut, nous disaient les marins ! Plus tard, quand il y avait un peu trop de vent ou que sa charge était mal équilibrée, il gîtait dangereusement ! Il avait trois cheminées qui nous crachaient dessus des petits brins de suie. Nous avions beaucoup de mal à nous laver à l’eau de mer. Le savon ne moussait pas. Nous avons fini par être très sales. Même pour laver notre linge, c’était tout un problème. Nous n’avions pas de cabines personnelles, bien sûr ! C’était de grands dortoirs. Nous avons embarqué début novembre. Nous ramenions chez eux, des Syriens, des Libanais qui étaient venus, eux aussi, faire la guerre, les pauvres ! Car ces pays étaient sous protectorat français. Nous les avons débarqués à Port-Saïd. Nous n’avons fait que deux escales : Port-Saïd et Djibouti. Quand nous sommes arrivés à Port-Saïd nous avons eu droit à un spectacle pas ordinaire ! On lançait des pièces dans l’eau, et des enfants plongeaient pour les attraper ! Il y avait beaucoup d’animation autour du bateau. Des marchands de tapis, et d’un tas d’autres choses, et ça criait de tous les côtés. Ceux qui avaient l’habitude marchandaient. Nous n’avions pas le droit de descendre (à terre). Inutile de dire que je ne m’y serais pas risquée. Nous avons longé le canal de Suez qui me semblait très étroit. On voyait les bédouins sur leur chameau qui longeaient le canal. Puis le golfe de Suez et la mer Rouge. Nous sommes arrivés le soir à Djibouti.La vue du port la nuit, avec l’arrivée des navires, et aussi les cornes (de brume) qui résonnaient dans la nuit ; c’était vraiment féerique, et le bateau qui coule (sic) tout doucement pour arriver à quai. Là nous avons pu descendre avec mes amies. Nous avons pris un taxi et nous avons fait le tour de la ville. Je devrais dire du village ! Car c’était un bled tout petit au milieu du sable, sans un arbre. Le seul arbre était un palmier en zinc qui se trouvait au bar de l’escale. (Ce qui est extraordinaire dans le récit de ma mère, c’est que ce « palmier en zinc » deviendra un bar célébrissime pour des milliers de militaires et de marins français passant par Djibouti pendant près d’un demi-siècle !) . A Djibouti il fait une chaleur torride. Je trouvais les noirs de ce pays, vraiment très noirs ! De l’ébène ! Très maigres, avec des yeux brillants. Ils sont brûlés par le soleil. Je me demande de quoi ils vivent. Ce qu’ils peuvent manger dans ce pays aussi sec. Et nous repartons ! Nous longeons le Golfe d’Aden. On me dit que sur cette pointe des Somalies, il n’y a pas très longtemps, il y avait des anthropophages ! Nous arrivons dans l’océan indien, et j’ai l’impression que nous ne reviendrons jamais ! Je me sens comme un marin de Christophe Colomb ! Pensez que le voyage a duré un mois ! Le bateau gîte de plus en plus.

Nous les grandes personnes, nous avons le mal de mer. Mais les enfants, les plus grands vont nous chercher à boire. Quant aux plus petits, les mères les attachent sur le pont à l’arrivée du bateau. Seul moyen pour ne pas qu’ils tombent à la mer. Elles ne pouvaient pas les garder tout le temps dans les dortoirs ! Pour ces mamans, quel voyage pénible ! Quand je pense à toutes nos mijaurées de maintenant (sic) ! Il y a de quoi être écoeuré ! Seule distraction ; les poissons volants qui suivaient le bateau ou des bancs de dauphins. J’étais enceinte de six mois. Mon ventre grossissait, mais moi, j’étais maigre comme un clou. Car je vomissais tout ce que j’avalais ! Je ne descendais plus au réfectoire. Les seules choses que je pouvais supporter c’était ce que m’apportais les matelots ; un verre de lait, une poire, une orange ! Je ne me souviens pas de l’escale de Diego Suarez. Je devais être trop malade. Quand nous sommes arrivés à Tamatave, un message a été envoyé à Ivato pour dire qu’il y avait une jeune femme qui était trop faible pour prendre le train de Tananarive. Alors il ont envoyé un avion. Un petit avion d’une dizaine de place. Ça a été mon baptême de l’air!
Voilà le récit de ma maman. Au passage, je vous signale que Tamatave est la ville où est né notre chanteur Antoine ! Lui est un voyageur infatigable, moi un sédentaire forcené. Vous pensez naïvement que tout s’arrête ici ? Vous avez tort ! Car si dans le titre de mon message, je parle de « Titanic » ce n’est pas un « hasard » ! Mes parents m’avaient vaguement expliqué que ce pauvre « Champollion » avait fini sa carrière tristement par un naufrage dramatique. Et dans la légende familiale, il s’agit d’un drame au large de Zanzibar. Des naufragés avaient même été dévorés par des cannibales ! N’importe quoi ! Un jour, la réalité historique me sauta à la figure d’une manière totalement incongrue et inattendue. Je musardais dans un vide grenier brocante, comme il en fleurit des dizaines, dans la région parisienne. Et soudain, mon cœur fit un raté. Sur une pile de vieux « Paris-match » s’étalait un titre :




« Le naufrage du Champollion » En une fraction de seconde la relique journalistique fut mienne, et je parcourus, encore dans les allées du marché, tant ma curiosité était immense, l’article relatant le drame. Ce pauvre navire a raté l’entrée du port de Beyrouth, le 22 décembre 1952. Il s’est coupé en deux.

Le 22 décembre 1952, le Champollion à la suite d'une erreur de navigation due à la mise en service du nouveau phare de l'aéroport de Beyrouth, vient s'échouer sur les brisants à 200 mètres de la plage de la capitale du Liban.


Il me reste de cette histoire un amour, une passion irrépressible pour les grands navires, les grands paquebots. Est-ce le bruit lancinant des chaudières à charbon qui m’a bercé le temps de ma gestation ? Allez savoir ? Un jour, je vous parlerai du vrai Titanic auquel je me suis intéressé bien avant James Cameron ! Titanic que je connais par cœur ! Oui, par cœur ! De la quille au sommet des cheminées. De la poupe à la proue. C’est bien simple ; j’ai l’impression de l’avoir toujours connu, d’avoir participé au voyage funeste. Mais ceci est une autre histoire comme le disait un vieux british de ma connaissance.



PS. Vous trouverez toutes les informations sur drame par le lien que je vous fournis.

mardi 24 avril 2007

Mon cinéma.

Bien avant que Nougaro ne chante ces paroles éternelles

« Sur l'écran noir de mes nuits blanches,
Où je me fais du cinéma,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois
Je recommence la séquence »



Bon ! Comme je devais avoir sept ou huit ans, il n’était pas question des « bras ou des hanches » d’une personne du sexe opposé.
Mais le principe était bien là !
Je me revois allongé sur le lit de ma chambre, le pouce dans la bouche !
Eh bien oui ! Je l’avoue maintenant sans honte ; je suçais mon pouce !
Ce n’était pas plus malin que de têter vingt clopes par jour !
Mais c’était certainement plus sain !
Je vous rassure, il y a longtemps que j’ai abandonné ce « vice » !
J’ai bien têté autre chose depuis, mais ceci ne vous regarde pas !
J’étais donc allongé sur le dos, le regard porté vers plafond.
Même les jours de beaux temps.
Je fermais les volets de ma chambre. Le soleil faisait danser les ombres.
Ceci étant bien sûr propice à mon imaginaire.
Mes petits camarades piaillaient dehors, dans le bruit éternel de la volière enfantine, en criant, en s’interpellant.
Mais j’étais insensible à cette musique puérile.
J’avais une préoccupation beaucoup plus importante.
Devant l’écran blanc du plafond, le metteur en scène en herbe que j’étais, s’évertuait à peaufiner les scénarii que son jeune cerveau venait d’accoucher.
Je me revois avec précision en blouche blanche, discutant fermement avec un
« collègue » sortit d’on ne sait d’où !
Et pourquoi une blouse blanche ?Allez savoir !
Vous avez déjà vu Hitchcock, Truffaut, Tavernier ou Tarantino en blouse blanche, vous ?
Nous étions d'une manière étrange, dans une salle de projection, derrière une grande baie vitrée.
Alors le « film » commençait dans salle des "spectateurs" plongée dans le noir!
Le plus extraordinaire, c’est que mon « héros » était, à cette époque
une« héroïne » !
Une sorte de Jeanne d’Arc des temps modernes.
Tout ceci, à une époque où le féminisme était encore une grossièreté indécente !
Bien avant Lara Croft et ses stupidités faussement viriles, moi, j’avais déjà ma combattante suprême qui conduisait les camions, les locomotives, les avions, et qui trucidait férocement un tas de bandits méchants et laids à souhait !
Soudain un « Stop » retentissait dans ma tête !
La « scène » n’était pas bonne !
Je discutais donc avec mon interlocuteur mystérieux de la meilleure façon de reprendre cette séquence.
Une fois l’accord conclu, je lançais un mot tout à fait professionnel !
« Moteur » !
Et c’était reparti !
Oui ! Je sais ! Vous allez me croire encore plus cinglé que je ne le suis déjà.
Mais quand des années plus tard, j’ai entendu les paroles de la chanson du poète Toulousain, je me suis dis que je n’avais pas été le seul, de par le monde, à avoir joué au metteur en scène en chambre !
Comme je n’ai jamais fait de film, ni écris de scénario de ma vie, le septième art à dû faire une perte considérable par cette défaillance inexcusable !

samedi 7 avril 2007

L'Image mystérieuse.

Un chevalier empoussiéré à l'armure rouillée par la pluie et les combats incertains pénètre dans la cour de son château. Il revient de Palestine en passant par Byzance! Il s'appelle Geoffroy de Charny Sa troupe d'accompagnateurs décharge les lourdes caisses de butins et de cadeaux ramenés de là-bas! Nous sommes en Lorraine, à la fin de ce 14iéme siècle effroyable qui vit le début de la guerre de cent ans et les ravages de la grande peste! Peu de temps après, dans la petite chapelle de Lirey, on expose une étrange relique qui est, dit-on, le linceul ayant recouvert le corps du Christ! En cette époque troublée où les reliques d'un Saint suffiraient à reconstituer le squelette d'une dizaine de personnes, le scandale éclate pourtant! C'est que l'affaire est grave! Ne voit-on pas sur ce grand drap blanc l'image d'un corps supplicié et surtout un visage coiffé d'une couronne d"épines! La crédulité a ses limites, pense-t-on dans les milieux ecclésiastiques de la région! C'est ainsi que l'évêque de Troyes envoie, en 1357, une lettre au Pape. Connue sous le nom de "manifeste de Troyes", une copie en est conservée soigneusement à la Bibliothèque de France. L'évêque y affirme avec force détails que l'on a affaire à un faux grossier destiné à détourner les âmes pieuses de la vraie Foi enseignée par l'Eglise! Il dénonce même "l'artiste" ayant peint cette "œuvre impie". Son nom ne nous sera hélas, jamais connu! Peine perdue! L'objet du délit défie les autorités religieuses! Mais comme on se lasse de tout, même de saintes reliques, l'objet tombe dans l'oubli le plus profond! Arrivé à ce stade de l'histoire, on peut légitimement penser que tout est dit! Pourtant c'est là que tout commence, au contraire! Donc, on sait déjà que c'est un faux, et pendant plusieurs siècles, il va en être ainsi! C'est le paradoxe suprême de cette histoire. Tout le monde s'accorde à penser, Eglise en tête, que cet objet ne présente aucun intérêt, aucune valeur, sinon historique ou à la rigueur sentimentale. Cette opinion va atteinte son paroxysme à la fin du 19iéme siècle, en pleine révolution industrielle, et en plein triomphe de la science moderne sur l'obscurantisme religieux! C'est l'époque d'Auguste Comte et de son "positivisme". Marx a publié son "capital". Emile Combes, en France, va bientôt préparer la séparation de l'Eglise et de l'Etat en commençant par la confiscation totale de tous les biens du clergé! Bref! On ne peut pas dire que l'on baigne dans une franche religiosité! Pour ce qui est de notre pauvre objet, voici ce qui lui est arrivé depuis que nous l'avons quitté en Champagne. De la famille de Charny, il passe à celle des comtes de Savoie qui l'emmènent à Chambéry, capitale du comté à cette époque! Il va dormir là tranquillement pendant près de deux siècles jusqu'à une nuit tragique où la chapelle en bois qui l'héberge est ravagée par un incendie en 1532. Sauvé miraculeusement du feu, il est restauré par des religieuses deux ans plus tard. Il conservera toujours les traces de cette aventure sous la forme de pièces de tissu cousues aux coins des pliures. Ensuite la maison de Savoie émigre de l'autre côté des Alpes, et s'installe dans sa nouvelle capitale, Turin. Une nouvelle chapelle est édifiée pour l'accueillir, que l'on peut toujours admirer, et qui a brûlé, elle aussi, il y a quelques années lors de travaux de restauration! Jusque là, je vous l'accorde, rien d'extraordinaire! Il fait partie des millions d'objets pieux qui dorment dans la multitude des édifices religieux qui parsèment l'Europe entière. Il est d'un anonymat désespérant! Un brocanteur n'en tirerait pas dix francs dans un marché aux puces! Attendez un peu la suite! Vous allez assister maintenant à sa vraie naissance! A l'événement choc qui va le faire passer de simple objet plein de poussière et de mépris, à celui par qui le scandale va arriver en trombe et en fanfare! Dans cette bonne ville de Turin, un avocat du nom de Secondo Pià exerçait ses talents de photographe amateur sur tous les monuments de la ville. Il faut savoir qu'à l'époque, la photographie était une science naissante, et un art nouveau qui fascinait encore beaucoup le public. Ce photographe amateur demanda donc aux autorités ecclésiastiques l'autorisation d'exercer son art balbutiant sur le linceul lors d'une "ostension" qui aurait lieu en mai. On entend par "ostension" et non pas "ostentation" le fait d'exposer une relique à l'occasion d'une cérémonie religieuse. Il faut savoir que l'ostension du suaire était un moment privilégié à plusieurs titres; Le premier est qu'il avait lieu tous les dix ans! Le deuxième est qu'à cette occasion, il était déployé dans son entier! D'habitude il reposait plié dans sa châsse d'argent comme une vulgaire nappe de salon après un repas de première communion! Un beau soir, notre artiste s'installe dans la chapelle silencieuse et déserte, il est devant sa grande chambre photographique en bois. Il installe les projecteurs, fait les réglages d'usage et prend plusieurs clichés sur ses belles plaques de verres en des poses de plusieurs minutes chacune. Après son travail méthodique et solitaire, il se retire dans son laboratoire et procède au développement. Soudain, à la fin du trempage dans le bain de produit révélateur, l'émotion manque de lui faire échapper la plaque de verre de ses doigts! Ce qu'il voit le pétrifie! Un visage! Le visage d'un homme! Celui-ci est parfaitement visible, comme apparu du néant! Il est grave et fascinant! La stupeur monte d'un cran quand notre homme saisi instantanément un mystère encore plus grand! Parce qu'il est photographe, il comprend que le suaire tout entier n'est qu'un IMMENSE négatif photographique! Nous étions le 28 mai 1898 Et oui négatif + négatif = positif! Vous savez, comme en mathématiques moins par moins égale plus! Ou encore les ennemis de mes ennemis sont mes amis etc…. Si vous faites comme moi, que vous scanner l'image du suaire, et que vous traitiez l'image par un logiciel de dessin assez perfectionné, amusez-vous à passer de l'image positive en image négative! Un vrai bonheur! Vous croyez peut-être que cela s'arrête là? Bande de naïfs! Il y a une suite! Alors revenons à cette image photographique ! N’était-elle pas extraordinaire ? Et à plus d’un titre ! Premièrement comment peut-on expliquer qu’un faussaire du 14° siècle se soit casser les pieds à faire un négatif d’une image, pour une masse de paysans incultes qui n’en demandaient pas tant ? J’attends les esprits forts au tournant ! Et qu’il a fallu l’aube du 20iéme siècle pour en saisir toute l’importance grâce à la photographie ? Deuxièmement, chose plus incroyable, cette photographie est TRIDIMENSIONELLE ! Ah ! J’entends d’ici les soupirs de consternation ! Quézaco ? De quoi « c’est-y qui nous cause », l’autre fêlé ? Pour cela, un peu de respiration, et je suis à vous pour la suite. Alors ! Qu’est-ce que c’est que l’image tridimensionnelle ? C’est tout bêtement une image en relief ! Mais vous allez voir que le « tout bêtement » peut se révéler extraordinaire ! Et pour une fois, l’expression n’est pas galvaudée ! Pour les savants et les techniciens qui en ont été les premiers témoins, cela a été aussi pétrifiant que pour Secondo Pià et ses plaques photographiques ! Je vous raconte l’anecdote dans le désordre et d’une manière plus épique que scientifique, mais pour cette dernière option vous pourrez vous reporter aux nombreux ouvrages savants qui ont traité du problème ! J’ai donc vu cette expérience dans un téléfilm dont le titre était : « Le témoin silencieux » qui datait de 1978 si mes souvenirs sont bons. Des techniciens d’un laboratoire d’optique avaient fabriqué des appareils de prises de vues spéciaux qui devaient prendre des clichés de la surface martienne, et ceci en relief afin d’en mesurer les dimensions. Un jour, un technicien désœuvré eût l’idée saugrenue de passer une revue hebdomadaire qui contenait l’image du saint suaire, et notamment la tête du Christ ! Il fit un saut de carpe en arrière qui fit sursauter à leur tour ses compagnons de labo ! Ce qu’il vit dans l’objectif de sa caméra, c’est une tête de Christ en relief ! Il faut bien comprendre qu’une simple photo d’identité ne donne qu’une image désordonnée dans un tel appareil ! Il faut que la photo ait été faite en « relief » d’abord ! Vous imaginez ce que cela signifie comme conséquence ? Il faut que le faussaire ait lui-même crée cette image en relief ! Impossible pour n’importe quel peintre ou dessinateur humain ! Aucun, je dis bien aucun artiste n’a réussi cet exploit ! S’il l’affirme, on peut le traiter de menteur sans complexe ! Encore la petite question récurrente : pourquoi un peinte faussaire du 14iéme siècle se serait-il cassé les pieds, avec des détails aussi complexes pour une masse de paysans incultes et illettrés ? Hum ? Depuis, des armées d’experts, de contre-experts, se font une guerre sans pitié à coup d’articles de presse, dans les revues scientifiques. Je vous signale, que dans cette extraordinaire histoire, je suis totalement neutre. Cet objet est un mystère en lui-même. L’Eglise le rejette pour une raison simple ; la Foi religieuse catholique et chrétienne en générale, ne repose absolument pas sur la vénération de reliques ! Les trois religions du Livre ; le Judaïsme, le christianisme, l’Islam rejettent, elles aussi, le culte des idôles, des images, et des reliques ! Alors ? Et si c’était une invention du Diable ? Mais çà, comme le disait déjà Rudyard Kipling, "Ceci est une autre histoire!" J’ai pensé qu’en cette période de Pâques, c’était une petite histoire qui était en situation avec l’époque de l’année. Joyeuses Pâques à toutes et à tous !


QUAND JOHNNY DEPOUILLE JEAN-PHILIPPE

Après ma « lettre à Jean-philippe » qui n’était qu’un cri d’humeur, de chagrin et de colère, je me suis mis à réfléchir sur toute l’épopé...