jeudi 24 janvier 2013

Un moment de faiblesse indécente

Comment pouvais-je deviner que le simple fait de revoir ce film, « My Fair Lady » allait être très dangereux pour ma santé sentimentale? Voilà ce que c'est que de ne pas prendre de précautions suffisantes. J'étais là, à « zapper » comme un malade sur la télé, à la recherche de quelque chose d'intéressant à me mettre sous les yeux. Il y a longtemps déjà que les concours de « brailleurs » et « brailleuses » se prétendant chanteurs ne m'intéressent plus. J'ai viré, depuis des années, de mon champ de vision, par une prophylaxie sanitaire mentale, tout ce qui se rapporte à une escroquerie morale qui ose s'appeler « télé-réalité » où il n'y a plus un atome de cette réalité, mais où tout est fabriqué pour les instincts les plus bas, où la vulgarité et la bêtise sont justement les seules « réalités ». Éliminées aussi, toutes les séries policières venues du nouveau monde, parce que je suis un citoyen français et que je ne vis pas à New-York, Los Angeles ou Miami. Une de temps en temps, j'aurai toléré, mais « noyé » dedans, non merci ! C'est alors que je tombe sur cette vieille « sucrerie », sur ce vieux film kitsch qui ressemble à une grosse pâtisserie dont on aurait oublié le goût depuis des années : « My Fair Lady » ! Par une flemme autant physique qu'intellectuelle, je me laisse emporter par cette histoire que je suis sensé connaître par cœur. Mais c'est là que s'opère la magie intrinsèque à tout chef-d’œuvre ; un renouveau éternel dans le bonheur qu'il nous donne.
Il n'existe pas d'autre principe pour les détecter. Donc, je revois aussi, par la même agréable occasion, et avec un grand plaisir, cet immense acteur que j'ai toujours admiré : « Rex Harrisson »
Qui ne l'a jamais vu dans « Guêpier pour trois abeilles » de 
Joseph L. Mankiewicz, ne peut pas connaître toute l'étendue de son immense talent de comédien :
Ah, ce merveilleux « professeur Higgins » dans « My Fair Lady » ! dont l'humour tout britannique, dont le cynisme bien poli de la Grande Bretagne, dont la perfidie amusée de cette Albion éternelle, brillent dans un regard plein de malice, et suintent sur tout son beau costume de tweed impeccable !
Un plaisir gourmand de chaque instant du film. Mais le plus beau vient de notre charmante Audrey Hepburn. Immédiatement, vous êtes prisonnier de son charme envoûtant. Vous ne comprenez pas ce qui vous arrive, mais vous êtes fasciné par cette petite brunette qui n'a pas les rondeurs pulpeuses d'une Marilyn mais qui est infiniment plus attirante. Déjà, vous avez un premier choc lors de « l'exercice » un tantinet pervers que lui inflige Higgins en l'amenant à Ascott ! Sa beauté est rayonnante. Elle est d'une élégance à couper le souffle (merci à l'ami Hubert de Givenchy qui l'habilla toute sa vie). Alors, je dois aborder maintenant, l'épisode le plus douloureux, le plus surprenant de cette histoire. Je prends beaucoup de précaution, car je ne vais pas être très fier de moi. Ma famille va peut-être me renier en lisant ces lignes. Je vais abandonner toute fierté, toute pudeur.
Notre charmante héroïne s'apprête pour le bal des «Ambassadeurs ». Elle est à la maison. La scène débute par une discussion entre Higgins et son ami, au rez-de-chaussée. Soudain, « Elle apparaît sur le palier dans une robe magnifique de soie blanche qui habille son corps à la perfection, dans un port altier digne d'une reine, avec le regard profond, sérieux, mystérieux.
C'est alors que je suis saisie par une émotion irrépressible qui me broie la gorge, et des larmes me viennent aux yeux ! Je suis interdit, incapable de comprendre ce qui m'arrive. J'ai honte de moi.Je me giflerais de colère et de rage, mais je n'y peux rien. L'émotion est trop forte pour être réprimée ou dominée.
Je vous avais prévenu que ce ne serait pas beau à raconter ! Quel moment de faiblesse impardonnable ! C'est-y pas malheureux d'en arriver là !
Il paraît,.... je me suis laissé dire, ...j'ai vu quelque chose dans ce sens dans la presse, comme quoi, notre charmante Audrey serait redevenue « tendance » ! Et surtout auprès des petites filles ! Je boirai donc la honte jusqu'à la lie. Moi, aussi émotif qu'une gamine ? Quelle déchéance !
Malgré mon cynisme de façade (j'espère que vous l'aurez compris!) je voue une admiration sans bornes pour cette grande dame qui, non seulement, fût une grande actrice mais surtout une femme admirable, simple et généreuse. Elle a pourtant connu, la faim, la misère, la terreur des bombardements, l'héroïsme de la résistance et la perte de proches pendant la seconde guerre mondiale. La noblesse de son tempérament le doit-elle aussi, au fait que sa maman était une authentique baronne hollandaise ? « Bon sang » ne saurait jamais mentir.
Mais je ne retiendrai qu'une chose : elle m'a fait pleurer comme une « gamine », et ça, je ne lui pardonnerai jamais ! 


mercredi 16 janvier 2013

Ulysse 2013 et le retour des Sirènes

Il est une expression que je n'ose plus écrire : « tout le monde connaît... » tant notre culture fond comme une noisette de beurre dans une poêle à frire mise sur le feu. Si j'ai donné un « millésime » à ce pauvre Ulysse c'est pour faire référence à un dessin animé franco-japonais : Ulysse 31 ! En espérant que cet artifice branché, puisse attirer au moins une génération assez récente de jeunes pour lesquels ce nom ne soit pas trop « inconnu ». Donc, ce pauvre Ulysse, du moins celui d'Homère, s'en revenait chez lui, après s'être occupé d'une sombre histoire de roi cocufié par une belle gourgandine qui lui préféra un prince étranger déguisé en berger. Les « feux de l'amour » à la sauce grecque, en quelque sorte ! Mais il est toujours dangereux de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ! Et notre pauvre marin allait en savoir quelque chose, sur le chemin du retour. Bref ! Quasiment à la fin de son voyage, il doit affronter un terrible danger : Les Sirènes et leurs chants mélodieux. Il met de la cire dans les oreilles de ses marins (l'ancêtre des boules Quiès!) et lui s'attache au mat de son navire pour ne pas tomber dans les bras de ces redoutables et mortelles « tentatrices » ! Car on a oublié de vous préciser qu'elles sont un peu « cannibales » sur les bords. Je sens un peu d'inquiétude chez mes lecteurs qui se demandent bien où je veux en venir. Oh mais c'est très simple ! Les Sirènes sont de retour. Mais d'une manière très « branchée », très moderne, très « geek » comme disent les jeunes. Elles envahissent nos courriers électroniques, nos « courriels » pour rester français. C'est ainsi qu'ouvrant ma boite personnelle, je tombe, tous les jours, sur des « invitations » étranges du genre : « réponds-moi vite, j'ai quelque chose pour toi, signé « Sandra ». ou alors « viens vite découvrir les photos de clarasexy ! Il est bien entendu que je ne connais aucune « Clara » par plus qu'aucune « Sandra ». J'ai même reçu cette invitation phénoménale :
« Pour une aventure sans lendemain », accompagnée de la photo d'une créature de « rêve » comme on écrit dans les romans à deux balles ! Je vous dis qu'elles sont revenues, qu'elle sont partout !
Bon ! A la place de cordages et de cire, j'ai une petite flamme générée par mon logiciel « anti-spam » qui les bouffe sans pitié, au fur et à mesure de leur arrivée. J'ai à peine le temps de lire, ou plutôt d'entendre leur « chant pervers » ! Mais quand même ? Ça fout les jetons des créatures pareilles ! On a beau dire, ce sacré Homère était quand même un visionnaire de génie, pour avoir deviner, plus de vingt neuf siècle avant nous, qu'on subirait encore ce fléau redoutable dans nos machines prétendument « modernes » !

jeudi 10 janvier 2013

Molière ou Corneille ?


L'histoire de notre beau pays est remplie de mystéres, de secrets insondables. Voilà qui fait le charme éternel des vieilles sociétés occidentales comme la nôtre. Grenier inépuisable pour des historiens de toutes nationalités. Et le mystère des écrits de Molière en est un fameux.
Je suis tombé, l'autre jour, sur une émission absolument passionnante de Franck Ferrand sur France3 :« L'ombre d'un doute ». J'adore ce jeune historien. Déjà parce qu'il a tout le talent du conteur. Sa voix est mélodieuse et sa diction parfaite. Il remplacera un jour, notre « indestructible » Pierre Bellemare, et surtout parce qu'il possède une immense culture et une passion de l'histoire qu'il sait parfaitement nous transmettre. Donc le sujet de cette émission était de savoir qui de Molière ou de Pierre Corneille était l'auteur réel de ces pièces de théâtre, monuments de la littérature française que sont « l 'avare », « Tartuffe », « l'école des femme" etc... !
Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans une longue exégèse et refaire l'émission. Je me contenterai de vous mettre le lien des sites intéressants. Non ! Je vais plutôt faire une petite ballade dans mes souvenirs et mes réflexions. Comme dans tout sujet à polémiques, deux camps s'affrontent farouchement ; il y a ceux qui croient dur comme fer que Molière a réellement écrit ses pièces et ceux, plus récents, qui pensent que Corneille en est le réel auteur. Personnellement, je n'avais pas d'idées préconçues, ou plutôt...si! Ayant été instruit depuis toujours dans la vénération scolaire classique, je ne me posais même plus la question. Comme il y a toujours des iconoclastes qui remettent toujours tout en question (et c'est très bien ainsi!) la question est brutalement remontée des profondeurs de l'histoire dans les années 80. Bref, voilà l'auteur du Cid propulsé « nègre » de Molière ! Ah pour faire hurler dans le « Lanterneau » littéraire, rien de tel ! Autant projeter un film porno devant une réunion épiscopale d'évêques ! Pourtant, après avoir visionné l'émission, ce qui m'a alors convaincu de la thèse de Corneille, écrivain des pièces, c'est l'analyse scientifique faite par un logiciel informatique. Et comme je suis un ancien "informaticien", vous pensez bien que ce fut "pain béni" pour moi! Mais, hors du fait scientifique et rationnel, c'est un argument de Franck Ferrand qui m'a fait me remémorer un vieux souvenir de mon adolescence. Nous apprenons donc, que Corneille, contrairement à sa réputation d'écrivain très sérieux, dû au succès du Cid, avait une passion non assouvie pour la comédie. Et c'est là que cela fait « tilt » dans ma mémoire. J'ai eu l'immense privilège d'assister à une représentation de « l'illusion comique » de Corneille qui, comme son titre le montre expressément, est une comédie ! Et où ça ? Dans le théâtre Firmin Gémier, au palais de Chaillot, en 1965. C'est Georges Wilson (le papa de Lambert) qui tenait le rôle de « Matamore » et qui en était aussi le metteur en scène. C'est dans cette même salle que je vis
 « La folle de Chaillot » avec la grande, l'inoubliable Edwige Feuillère de ce même TNP dirigé par Jean Vilar (et pas Hervé le chanteur!) quelques années auparavant. Donc, notre ami Corneille savait écrire, aimait lui aussi les comédies. Indice très important qu'il faut garder à l'esprit, comme un autre indice le fait que Molière est mort onze ans avant Corneille ! Mais alors ? Si l'auteur de Cinna et de Polyeucte est aussi celui du Bourgeois gentilhomme où a-t-il piqué ces idées ?
Et c'est alors, en toute beauté que survient un autre souvenir, mais « cinématographique » celui-là !
J'espère que beaucoup d'entre-vous sont allés voir le film  de Laurent Tirard « Molière » en 2007, avec une troupe d'acteurs fabuleux, comme Romain Duris, Fabrice Lucchini etc... C'est un petit chef-d’œuvre d'intelligence, de culture, d'esprit, et c'est joué à la perfection. Et que raconte le film ?
Les aventures fort cocasses d'un jeune Jean-Baptiste Poquelin qui n'est pas encore « Molière » mais dont toutes les frasques et les aventures dans une maison bourgeoise de province lui inspireront tous les sujets de ses pièces à venir. Et c'est là qu'a germé dans mon « puissant cerveau » une idée géniale que j'ose soumettre à la connaissance publique. Et s'il ne s'agissait pas, tout simplement, d'une « collaboration » étroite, assumée, secrète entre un écrivain talentueux et un acteur, chef de troupe charismatique connaissant toutes les ficelles de son métier? Voilà qui réconcilierait les deux camps ! Molière fournissant la « matière » guidant la mise en scène et les personnages, et Corneille écrivant de son génie littéraire tous les vers en alexandrin et les quelques textes en prose. Moi, personnellement, j'y vois une synthèse parfaite, la résolution complète du mystère, et sans que la gloire et la renommée de nos deux grands génies en soient altérés le moins du monde, car je continuerai à les aimer et les respecter tous les deux.

 Documents annexes: la bande annonce du film "Molière"  de Laurent Tirard et la scène du Cheval






QUAND JOHNNY DEPOUILLE JEAN-PHILIPPE

Après ma « lettre à Jean-philippe » qui n’était qu’un cri d’humeur, de chagrin et de colère, je me suis mis à réfléchir sur toute l’épopé...