jeudi 10 janvier 2013

Molière ou Corneille ?


L'histoire de notre beau pays est remplie de mystéres, de secrets insondables. Voilà qui fait le charme éternel des vieilles sociétés occidentales comme la nôtre. Grenier inépuisable pour des historiens de toutes nationalités. Et le mystère des écrits de Molière en est un fameux.
Je suis tombé, l'autre jour, sur une émission absolument passionnante de Franck Ferrand sur France3 :« L'ombre d'un doute ». J'adore ce jeune historien. Déjà parce qu'il a tout le talent du conteur. Sa voix est mélodieuse et sa diction parfaite. Il remplacera un jour, notre « indestructible » Pierre Bellemare, et surtout parce qu'il possède une immense culture et une passion de l'histoire qu'il sait parfaitement nous transmettre. Donc le sujet de cette émission était de savoir qui de Molière ou de Pierre Corneille était l'auteur réel de ces pièces de théâtre, monuments de la littérature française que sont « l 'avare », « Tartuffe », « l'école des femme" etc... !
Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans une longue exégèse et refaire l'émission. Je me contenterai de vous mettre le lien des sites intéressants. Non ! Je vais plutôt faire une petite ballade dans mes souvenirs et mes réflexions. Comme dans tout sujet à polémiques, deux camps s'affrontent farouchement ; il y a ceux qui croient dur comme fer que Molière a réellement écrit ses pièces et ceux, plus récents, qui pensent que Corneille en est le réel auteur. Personnellement, je n'avais pas d'idées préconçues, ou plutôt...si! Ayant été instruit depuis toujours dans la vénération scolaire classique, je ne me posais même plus la question. Comme il y a toujours des iconoclastes qui remettent toujours tout en question (et c'est très bien ainsi!) la question est brutalement remontée des profondeurs de l'histoire dans les années 80. Bref, voilà l'auteur du Cid propulsé « nègre » de Molière ! Ah pour faire hurler dans le « Lanterneau » littéraire, rien de tel ! Autant projeter un film porno devant une réunion épiscopale d'évêques ! Pourtant, après avoir visionné l'émission, ce qui m'a alors convaincu de la thèse de Corneille, écrivain des pièces, c'est l'analyse scientifique faite par un logiciel informatique. Et comme je suis un ancien "informaticien", vous pensez bien que ce fut "pain béni" pour moi! Mais, hors du fait scientifique et rationnel, c'est un argument de Franck Ferrand qui m'a fait me remémorer un vieux souvenir de mon adolescence. Nous apprenons donc, que Corneille, contrairement à sa réputation d'écrivain très sérieux, dû au succès du Cid, avait une passion non assouvie pour la comédie. Et c'est là que cela fait « tilt » dans ma mémoire. J'ai eu l'immense privilège d'assister à une représentation de « l'illusion comique » de Corneille qui, comme son titre le montre expressément, est une comédie ! Et où ça ? Dans le théâtre Firmin Gémier, au palais de Chaillot, en 1965. C'est Georges Wilson (le papa de Lambert) qui tenait le rôle de « Matamore » et qui en était aussi le metteur en scène. C'est dans cette même salle que je vis
 « La folle de Chaillot » avec la grande, l'inoubliable Edwige Feuillère de ce même TNP dirigé par Jean Vilar (et pas Hervé le chanteur!) quelques années auparavant. Donc, notre ami Corneille savait écrire, aimait lui aussi les comédies. Indice très important qu'il faut garder à l'esprit, comme un autre indice le fait que Molière est mort onze ans avant Corneille ! Mais alors ? Si l'auteur de Cinna et de Polyeucte est aussi celui du Bourgeois gentilhomme où a-t-il piqué ces idées ?
Et c'est alors, en toute beauté que survient un autre souvenir, mais « cinématographique » celui-là !
J'espère que beaucoup d'entre-vous sont allés voir le film  de Laurent Tirard « Molière » en 2007, avec une troupe d'acteurs fabuleux, comme Romain Duris, Fabrice Lucchini etc... C'est un petit chef-d’œuvre d'intelligence, de culture, d'esprit, et c'est joué à la perfection. Et que raconte le film ?
Les aventures fort cocasses d'un jeune Jean-Baptiste Poquelin qui n'est pas encore « Molière » mais dont toutes les frasques et les aventures dans une maison bourgeoise de province lui inspireront tous les sujets de ses pièces à venir. Et c'est là qu'a germé dans mon « puissant cerveau » une idée géniale que j'ose soumettre à la connaissance publique. Et s'il ne s'agissait pas, tout simplement, d'une « collaboration » étroite, assumée, secrète entre un écrivain talentueux et un acteur, chef de troupe charismatique connaissant toutes les ficelles de son métier? Voilà qui réconcilierait les deux camps ! Molière fournissant la « matière » guidant la mise en scène et les personnages, et Corneille écrivant de son génie littéraire tous les vers en alexandrin et les quelques textes en prose. Moi, personnellement, j'y vois une synthèse parfaite, la résolution complète du mystère, et sans que la gloire et la renommée de nos deux grands génies en soient altérés le moins du monde, car je continuerai à les aimer et les respecter tous les deux.

 Documents annexes: la bande annonce du film "Molière"  de Laurent Tirard et la scène du Cheval






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