dimanche 30 septembre 2007

Crazy Alfred

Son beau masque cuivré s’est figé dans une moue réprobatrice
lorsqu’il a regardé la façade du « Crazy Horse Saloon » !
Alfred « Nuage rouge » est venu à Paris pour laver l’honneur de son ancêtre, le célèbre chef indien « Crazy Horse » !
Celui qui mit une belle branlée à la cavalerie yankee à
« Wounded Knee », dirigée par cette vieille ganache imbécile de général Custer !
Désastre militaire complet dû à la stupidité crasse de son chef, mais que les Américains transformèrent en bataille héroïque et légendaire.
C’est fou comme on arrive à modeler l’Histoire d’un pays, suivant le camp dans lequel on se trouve !
Ah ! Mais qu’Eroll Flynn était « séduisant » en beau général galonné !
N’est-ce pas mesdames ?
Alfred a un autre souci ! L’honneur bafoué de son ancêtre !
C’est dur de penser que le nom vénérable d’un ancêtre courageux puisse servir d’enseigne à des dévergondées peu frileuses et impudiques !
Alors il est allé voir, par lui-même, si les belles croupes des pouliches mustang de ce célèbre cabaret parisien, étaient dignes d’honorer la mémoire du grand chef Sioux !
Pour la circonstance, « Red cloud » avait mis sa coiffe traditionnelle ornée de belles plumes soyeuses!
La suite de son escapade parisienne ne précise pas si l’une des pensionnaires n’est pas venue lui en caresser une, histoire de faire retomber son courroux ou sa pression artérielle !
A mon avis, il y a une squaw qui l’attend au retour, dans son tepee, pour lui faire comprendre que désormais, on ne va plus l’appeler « Nuage rouge » mais « Pommettes rouges » !
Quant à savoir si cette couleur proviendra de la honte provoquer par l’impudeur des beautés françaises, ou aux paires de baffes furieuses d’une épouse morte de jalousie, je vous laisse le soin d’en décider !

vendredi 28 septembre 2007

Regardez votre grand frère !

Toc ! Toc !

_Oui ! Entrez Docteur ! Je vous les ai préparés !

Non ! Il ne s’agit pas de paupiettes ou de chemises repassées, seulement de trois jeunes bambins attendant avec angoisse, que se reproduise la séance mensuelle de la torture des vaccinations obligatoires.
Et le cérémonial est immuable !
Le docteur prépare sa seringue, tout en discutant avec la maman.
Le liquide transparent gicle en l’air, quand soudain le docteur attrape,
d’un geste vif, le petit bras nu du bambin.

_Regardez votre grand frère aîné, comme il est courageux ! Il ne va pas pleurer ! Il va vous montrer comme il est fort !
Tous les aîné(e)s du monde, sous toutes les latitudes, dans toutes les civilisations, à toutes les époques, ont dû profondément haïr ce genre de réflexion imbécile de la part de « grandes personnes » un tantinet irresponsables, et peu psychologues !
Vous allez me dire en quoi la chance ou surtout la « malchance » d’avoir été l’aîné d’une fratrie vous confère des vertus ou des qualités supérieures aux cadets ! Hein ?
Mais non ! Alors qu’ils n’ont rien demandé à personne, il faut qu’ils soient les plus « sages », les plus « courageux », les plus « attentifs « pour leurs petits frères cadets !
C’est tout juste si on ne leur demande pas qu’ils soient les plus « intelligents », par-dessus le marché !

L’aîné, malgré les flatteries hypocrites du praticien, se met à crier aussi fort que le reste de la fratrie solidaire !
La séance de « tortures » terminée, le « bourreau » sort de l’appartement, les oreilles pleines de braillements réprobateurs.
C’est que la vie n’est pas facile, à six, dans un « deux pièces » minuscule, situé dans un hôtel minable de la Porte d’Orléans !
Il existe toujours, cet hôtel ! Il a pris du galon, à notre époque !
Il fait dans le luxe touristique, à présent !
Mais dans le début des années cinquante, il ne sert que de refuge provisoire pour des familles de militaires expatriées des « colonies », en attente, depuis des mois, d’un appartement plus décent. Donc, notre brave carabin revint une seconde fois, la mine toujours guillerette, et le compliment toujours flatteur, aux lèvres !

_Regardez votre grand…. ! Ah ! Mais où est-il passé ?

La seringue en l’air, accompagnée de la maman soudain angoissée, ils entreprennent tous deux une fouille en règle du minuscule logis !
C’est qu’il n’y a pas grand chose à fouiller !
Une armoire déjà pleine, une commode dont les tiroirs sont visiblement trop petits pour cacher un fuyard, une minuscule salle de bain, le tour est vite fait !
Horreur ! Il faut se rendre à l’évidence, le gamin a disparu !
La maman, folle d’angoisse, prend l’ascenseur pour aller voir le concierge !
Celui-ci est formel ! Il n’a vu passé personne !
De retour à l’appartement, la maman, honteuse et confuse, est obligée de renvoyer le docteur ! Celui-ci, le regard noir, examine avec suspicion, deux petits visages rigolards, des frangins rescapés, à la limite de l’insolence !
Il remballe ses instruments de torture, et sort furibard !
La porte vient à peine de se refermer que :

_Coucou ! C’est moi ! « Yeu » suis pas perdu !

Une petite tête blonde émerge alors de l’immense paquetage bleu marine de son père !
Un peu essoufflé !
C’est que ça pèse lourd les uniformes en gros drap de papa !

Et au fond du sac, l’oxygène devenait rare !
Les petites fesses tendres du « déserteur en rase campagne, face à l’ennemi » ont bien été douloureuses quelques heures, mais que voulez-vous !
Tout acte « héroïque » à son prix !
Il y a bien une petite injustice dans cette histoire ; les deux servants du « traître » n’ont subi aucunes représailles, eux !
Toujours la malédiction de l’aîné !

PS. Une pensée émue pour tous les « aîné(e) » du monde, qui comme moi, ont eu à subir les redoutables préjugés de leurs parents.

mercredi 26 septembre 2007

Les fous du Puy

Deux jeunes gens, cousins germains de leur état, entreprirent un voyage en Auvergne sur le dos d’une vielle rossinante métallique, de l’écurie Renault 4L.
Ils étaient partis heureux et joyeux à la conquête du peuple Arverne. L’un par ennui, l’autre pour goûter quelques jours de liberté avant un service militaire qui s’annonçait franchement liberticide.


Que l’Auvergne est jolie ! Verdoyante, vallonnée, ballonnée, volcanisée à souhait !
Qui ne connaît pas les faubourgs de la ville du Puy, par un beau matin d’été ensoleillé, avec sa cuvette de brume, et son neck qui dépasse, surmonté de sa petite chapelle, ne connaît rien de la beauté des villes de province françaises !

La Bourboule, Salers, Saint-Flour, Bort les orgues, etc.. !
Autant de perles magnifiques sur des coussins de velours vert !
Mais c’est aussi sa chaîne des Puys ou anciens volcans éteints.
Donc, un dimanche matin, nos deux compères décident de faire l’ascension du Puy Mary, vénérable sommet connu de nombreux touristes experts.


Ils partent donc dans leur carrosse poussif, aux quatre chevaux fatigués. Le temps est gris et menaçant. Mais quand on est jeune et enthousiaste, il fait toujours beau !
La montée s’avère simple et sans problème.

« Titine » râle bien un peu, mais malgré ses ronflements de réprobation, elle continue vaillamment sa montée vers le sommet. Tout le monde arrive là-haut sans incident majeur!
Mais cruelle déception !
La montagne est entourée d’un cordon de brume tenace qui empêche toute vision à plus de 50 m !
La guigne ! La baraque de souvenirs, au bord de la route, fait plutôt figure de refuge montagnard. Ils sont juste sur le plat du relief lorsque que quelques soubresauts de leur monture leur indiquent que celle-ci est à l’agonie. Puis c’est l’arrêt définitif !
Horreur ! L’aiguille du réservoir d’essence est en dessous de la limite de réserve !
Après les inévitables vociférations, imprécations, insultes, noms d’oiseaux, prières, lamentations, crises de désespoir habituelles dans ces cas là, il faut bien entrevoir une solution ! C’est que trouver une station d’essence ouverte, un dimanche après-midi, au sommet d’un mont d’Auvergne réputé pour son côté sauvage et désertique, relève de l’exploit à la MacGyver !


Et pourtant ! Qui dit « sommet », dit « descente » ? Non ?
Alors, dans l’ivresse de la solution salvatrice enfin trouvée, ils s’élancent courageusement, embrayage au point mort, dans ce qui va se révéler une aventure au suspens terrifiant !
Il faut déjà préciser aux futurs et jeunes conducteurs que cette manœuvre est rigoureusement interdite par le code de la route !
Mais « nécessité fait loi » comme on dit !
La brume dissipée, le paysage redevient grandiose et flamboyante, comme le moral des deux « sauvages » de la route !
La vitesse s’accélère ! Heureusement, ils sont absolument seuls et sans concurrence !
La première bosse se présente. Youpi !
Elle est franchie sans difficulté. Suis une autre descente !
Même accélération, même bosse « effacée ». Mais le relief se lasse petit à petit !
Les descentes deviennent de plus en plus courtes, et les bosses plus longues !
L’angoisse monte ! Surtout qu’aucune station n’apparaît à l’horizon !
Inexorablement, ils sentent la fin approcher.
Qui n’a pas vu le film mythique de Stephen Spielberg « Duel » ne peut comprendre la terreur qui envahit la cervelle des deux « damnés », quand ils abordèrent la dernière pente.
« Arrivera ? Arrivera pas ?
Les derniers décimètres furent extrêmement douloureux pour les nerfs
Le véhicule franchit la crête à la vitesse démentielle d’au moins 5 cm à l’heure !
Quand on dit que les miracles existent, personne ne veut le croire !
Mais si ! Il existe même un bon Dieu pour les imbéciles et les imprévoyants !
La preuve ?
Devant leurs yeux gonflés par les larmes d’une reconnaissance éternelle envers leur bonne fortune, ils aperçoivent, au bas de la côte, la terre promise d’une station flambant neuve et … OUVERTE !!
Devinez un peu combien ils venaient de franchir ainsi ?
Foi de leur compteur kilométrique ! 16 km !
Hein ? Seize kilomètres !
Qui dit mieux ! Non ! Non ! Ce n’est pas à Marseille que cela s’est déroulé ! Mais bien en Auvergne ! Fouchtra !

dimanche 23 septembre 2007

Le ballon ovale n’est pas mon cousin

J’aurai pu intituler mon article : « Mon quart d’heure de mégalomanie » !
Oui ! Car j’ai un défaut particulier qui me donne la passion étrange pour mon nom de famille :
Gilbert
Pourtant, ce « nom-prénom » n’a strictement rien d’original !

Il est même d’une banalité à faire peur !

Un vulgaire prénom comme patronyme !

Un charmant camarade à moi insistait toujours pour dire que ceux qui avaient des prénoms comme nom avaient été trouvé, autrefois, dans une poubelle ! Je m’insurge évidemment contre cette basse calomnie !
Et j’ai le bonheur de savoir, qu’à l’heure européenne, il n’y a pas plus européen que mon nom de famille !
Des « Gilbert » on en trouve, en Angleterre, en Irlande, en Allemagne, en Belgique, et bien sûr, en France !

C’est tellement vrai, qu’un jour, me promenant dans les rues de Londres, je suis tombé en arrêt sur une « Gilbert street » qui donnait dans « Oxford street » !
La consécration !
Comme il y a une rue « Emile Gilbert » à Paris, juste en face de la gare de Lyon !

Vous voyez ? Quand je vous dis que j’ai un nom européen !
Mais, pourquoi nos chers amis « roast-beefs » de l’autre côté de la Tamise se sont pris la peine de nommer ainsi une des rues de leur Capitale ?

La réponse vint avec la coupe du monde de Rugby !
J’avais déjà remarqué que le ballon ovale de nos « armoires à glace » batailleuses portait un nom qui m’allait droit au cœur !
Naïvement je pensais que c’était la marque du fabriquant qui devait encore faire bosser, dans de sordides ateliers d’un pays asiatique, une armée d’esclaves sous-payés !
Pas du tout ! Et j’étais loin du compte !

Et voilà ce que je découvris par hasard, en faisant une recherche sur le « web » !


Sans William Gilbert, les matches de rugby seraient bien différents. L'histoire du leader
mondial du ballon de rugby se confond avec celle du sport lui-même. En 1823, à Rugby en Angleterre, l'étudiant William Webb Ellis décide de jouer au football à la main. Le rugby est né. Le ballon qui sera plaqué derrière la ligne de but a été confectionné par le cordonnier du village. En plus de vendre des chaussures, William Gilbert gonflait les vessies de porc pour fabriquer les ballons qu'ils vendaient aux étudiants de la ville.


Rien de moins que l’inventeur du ballon ovale ! Ouah ! Décidément, on en apprend tous les jours !
Bon ! Je suis aussi « sportif » qu’un poêle de fonte dans une maison de retraite !
Mais quand même !
Surtout que « William » est la « version » anglaise de « Guillaume », le prénom de mon fils aîné !
A qui, bien sûr, je me suis empressé de raconter ma découverte !
Ben ! Vous n’allez pas me croire, mais cela ne lui a fait ni chaud, ni froid !
Un sourire, un haussement d’épaule, une petite tape dans le dos, comme on réconforte un doux dingue, qu’il ne faut surtout pas contrarier dans ses joyeuses lubies !
Ah ! La dure ingratitude des siens !
Ils ne méritent pas de porter ce glorieux patronyme !

vendredi 21 septembre 2007

Le nombrilisme terrestre

Ah ! Les p’tits hommes verts ! Cela en a fait couler de l’encre et de la salive !
Il y a les « pour », il y a les « contre », et il y a surtout ceux qui s’en foutent allègrement !
Quand j’étais jeune collégien, c’est un sujet qui m’avait fortement passionné !
Mais déjà provocateur (on ne se refait pas), j’avais choisi un jour, comme sujet d’un devoir de français ;

« Les visions d’extraterrestres et engins interplanétaires dans la Bible »

Tout ceci, à quatorze ans, dans un collège privé catholique, dans les années soixante !
Vous dire que j’obtins un franc succès, serait sous estimé l’ouragan de réactions déclanché par le sujet tout à fait « innocent » que j’avais ainsi choisi ! On se battait jusque dans la cour de récréation, mais plus grave, dans la salle de repos des professeurs, aussi !
Pour étayer ma thèse, je m’étais appuyé sur un livre d’un certain « Paul Thomas » le pseudo d’un très célèbre musicien, compositeur de musique de film : Paul Misraki !





Le temps a passé ! Les cendres de la passion sont retombées depuis longtemps, et se sont refroidies à jamais !
Pourtant, il n’en demeure pas moins qu’il me reste de ces temps anciens une profonde conviction : Que nous soyons seuls dans l’univers, est totalement impossible !
Totalement inconcevable ! Contrairement à ce que pourrait affirmer pas mal de nos contemporains, c’est le fait d’être les seuls êtres vivants qui serait « extraordinaire », mais pas l’inverse ! Toujours ce nombrilisme humain ! Nous sommes tellement vaniteux, tellement imbus de nous-mêmes, nous nous prenons tellement pour des « petits dieux » que la pensée insolente, iconoclaste qui consiste à envisager, ne serait-ce qu’une seconde, que d’autres puissent exister ailleurs, nous est proprement insupportable ! N’est-ce pas ? Qu’il y ait des gens ailleurs aussi merveilleux, intelligents, géniaux, jouisseurs, pervers, égoïstes que nous le sommes actuellement, serait profondément scandaleux ! Car nous devons êtres les seuls à partager ces divines qualités ! Malheureusement la Nature se fout magistralement de nos états d’âme ! Si les lois de la physique sont universelles, il faut se résoudre à admettre que les lois de la biologie le sont également ! La preuve ? Le nombre de molécules organiques de plus en plus complexes découverts par les astronomes ! Donc, les mecs, j’ai une affreuse et épouvantable nouvelle à vous annoncer ; il est fort probable, pour ne pas dire certain, que nous ayons des cousins là-haut qui, aussi vaniteux et prétentieux que nous le sommes, nous ignorent aussi superbement ! Comme de surcroît, ils sont à des milliards d’année lumière de nous, ce n’est pas demain la veille que nous irons nous chicorer avec eux !