mercredi 12 novembre 2008

Les gaietés de la volante

Ne vous faites pas de cinoche !
La « volante » n’était que la garde militaire que je dus accomplir pendant mon exotique séjour en Algérie.
Cela consistait à se trimbaler la nuit, sur tout le territoire de notre casernement, une lampe poche à la main, en treillis bien sûr, et « armé » d’un pistolet mitrailleur Mat49 !
Quand j’écris « armé », il faut que je vous fasse une petite digression qui vous expliquera en quoi consistait ce redoutable « armement » !
Comme nous étions sur un territoire étranger depuis 1962, nous n’avions pas le droit d’avoir de munitions.
C'est-à-dire que mon pistolet n’avait pas de chargeur !
J’étais un peu comme un eunuque dans un harem de Bagdad au temps de Shéhérazade !
Je sais que l’image est osée, mais c’est pour mieux vous faire comprendre la situation. Si, par le plus grand des hasards, un abruti de voleur autochtone, un « terroriste » avait eu l’idée complètement démente de nous chercher des noises, je devais dire ceci :
« Halte ! Qui va là ? »
Mais je n’aurais pas pu dire « halte ou je fais feu ! »
Parce qu’il m’aurait fallu alors courir ventre à terre au poste de police.
Là, j’avertissais mon chef de poste, de la situation.
Lui-même dûment informé, devait réveiller l’officier de semaine qui lui, conformément aux instructions, réveillait le colonel commandant la base.
Le colonel n’écoutant que son devoir, téléphonait au centre interarmes de Mers-el-Kébir. Celui-ci, émettait en direction du ministère des armées à Paris, un avis d’alerte afin de prévenir le Ministre!
On réveillait celui-ci, chez lui ou dans le boxon dans lequel il honorait une hétaïre, pour l’informer de la situation.
Avec l’humeur rogne qu’on peut facilement deviner, il réveillait l’ambassadeur algérien de la capitale pour lui demander son avis.
Avis autorisé ou pas qui repartait en sens inverse, avec toutes les étapes déjà précitées !
C’est alors seulement, que le caporal de garde m’ouvrait le coffre dans lequel se trouvaient les précieux chargeurs.
Dûment équipé de ces redoutables munitions, je re-fonçais faire sa fête à l’imprudent qui avait ainsi dérangé tant de monde !
Même quelques neurones se battant en duel dans une cervelle vide suffiraient à comprendre que le « perturbateur » ayant perdu patience, ne m’aurait pas attendu !
Après tout le mal que l’on se serait donné ?
L’ingrat !
C’est vous dire si ces gardes étaient vachement importantes !
Comme toujours, les plus grands dangers viennent souvent de chez vous ou des vôtres!
Car un jour, je vis une énorme boule de poils me foncer de dessus, à la vitesse de l’éclair et dans un silence que même un sourd ne connaît pas !
Deux yeux brillants de sauvagerie me fixaient impitoyablement.
J’esquissais à peine un huitième de tour sur moi, pour fuir !

« NE BOUGE PAS ! SINON IL TE BOUFFE ! »

Cette phrase, hurlée dans le noir eut l’effet escompté !
Même un scorpion dans mon falzar ne m’aurait pas fait bouger d’un millimètre !
Et quand il parlait de « bouffer » le maître chien ne plaisantait pas !
Sa gentille « bébête » était entraînée à tuer !
Plus efficace que les balles « virtuelles » de mon P.M. !
Le « gentil » cador me renifla les pompes pour voir si la viande qui se trouvait à l’intérieur pouvait soutenir la comparaison avec sa délicieuse boite de « canigou » habituelle.
Le test dû être négatif, car il se coucha au pied de son maître et montra une indifférence totale pour notre conversation qui suivit ce moment d’intense émotion !
Donc, après cet incident, comme les bêtes sauvages se dirigent vers leur point d’eau, comme les renards retrouvent leur terrier, comme les vaches leurs étables, je me dirigeais instinctivement vers le bâtiment de ma chambrée.
En passant par derrière, je vis la clarté de la fenêtre grande ouverte, comme à l’habitude pendant ces soirées torrides de l’été africain.
La partie de poker faisait rage !
Le brouillard de la fumée des clopes montrait que les choses étaient entamées depuis déjà pas mal de temps! Un copain m’apercevant, me héla !

_Eh Gilbert ! Un p’tit « poke » ! ça te dit ?
_Tu vois bien que je fais ma ronde !
_Balise pas comme une gonzesse, et fais pas chier ! Viens tout de suite !

« Baliser » en argot de l’époque, signifiait : avoir peur !
Ne me demander pas l’origine ! Je n’en sais rien !
Bon ! L’homme étant faible, je rejoignis mes potes et m’installais à la table, en prenant mes cartes.
Ah ! Quelle belle partie !
Jamais nous n’avions été aussi joyeux, délirants, rigolards et détendus !
Il y avait là mon viking normand et ses fossettes insolentes, mon petit « Astérix breton » et ses yeux pétillant de malice, mon « ch’ti » et sa moustache auréolée de mousse de bière !
Mon bordelais de Bègles, et ses tâches de rousseurs ! Enfin, toute la France profonde !

GILBERT ! QU’EST-CE QUE TU FOUS-LA ?

Je me levais et me retournais brusquement vers la porte, les cartes encore à la main !
Horreur !
Mon chef de poste était là, dans l’encadrement, tel la statue du Commandeur !
Pétrifié de honte que j’étais !
Mais mon calvaire ne faisait que commencer. Je me précipitais vers mon lit où j’avais laissé mon arme !
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ah les salauds ! Ah les vrais fumiers ! Ah les traîtres !
Ces enfoirés de copains
(mais devais-je encore les appeler « copains « ?)
m’avaient entièrement démonté mon pistolet mitrailleur,
dont toutes les pièces étaient admirablement bien rangées sur mes draps blancs !
Déjà, remonter un pistolet mitrailleur ce n’est pas coton, surtout quand on n’en a pas l’habitude, mais se farcir le feu nourri des « joyeusetés », des conseils « amicaux » d’un sergent furibard, je vous jure que c’est un grand moment de solitude !
Une semaine d’arrêt de rigueur !
Et à ramasser les poubelles, tous les matins, avec le camion benne !
C’est pourquoi, même aujourd’hui, quand je suis réveillé sauvagement par le ramassage des ordures, à des heures pas chrétiennes, j’ai quand même une pensée amicale pour les ouvriers qui font ce difficile boulot, et même sans être punis, eux !
Quand je pense que j’avais un full par les as ! Je n’ai jamais eu de pot au jeu !
Mais le plus triste, le plus navrant, c’est de savoir que mes pauvres enfants ne connaîtront Jamais ces moments d’intenses « camaraderies », ces émotions « viriles »,
ces situations « géniales » que des médisants croient « ubuesques » mais qui nous permettent d’avoir de si beaux souvenirs de nos services militaires d’autrefois !

mardi 11 novembre 2008

Une non déclaration d’amour

Oh que non ! Bien sûr que non !
Je ne t’aime pas !
Je ne t’ai jamais aimé ! Je refuse de toutes mes forces cette niaise idiotie !
Quoi ? Cette obscénité qui consiste à être esclave de ces sentiments hideux, gluants de stupidité soumise?
Quelle horreur ! Quelle déchéance ! Quelle veulerie !
J’ai failli me faire avoir par ton charme, ta jolie frimousse, et ta chevelure bouclée.
Heureusement ton corps ne m’attire pas ! Ta poitrine me laisse sage ! Tes longues jambes trop maigres, totalement indifférent !
Tu n’as même pas de fesses ! De ces jolies rotondités qui piègent les hommes trop vulnérables aux charmes des déesses callipyges !
Seuls la grâce de tes mains virevoltantes, comme des oiseaux de paradis, m’a envoûté traîtreusement, et le son de ta voix ensorcelante ont failli m’endormir du sommeil de l’hypnose provoqué habillement par la vraie sorcière que tu es !
Mais j’ai su vaincre ce charme redoutable.
Tel Ulysse attaché au mat de son navire, j’ai su repousser, loin de mon âme troublée, la Sirène perverse qui m’attirait de ses appâts vénéneux!
Tu n’auras jamais mon cœur !
J’ai su fuir à temps, pour me sauver de ton pouvoir maléfique ! Ton pouvoir de diablesse !
Dans cette redoutable épreuve, je fus aidé par un miracle divin !
Tu ne m’aimes pas non plus !
Mieux ! Beaucoup mieux !
Je te suis complètement indifférent ! De cette belle indifférence qui sait tuer dans l’œuf tout sentiment !
Ouf ! Quel soulagement !
Quel épouvantable malheur s’il en avait été autrement !
« L’amour est la seule bataille que l’on gagne par la fuite » a dit Napoléon.
J’ai su fuir à temps !
J’ai gagné ! Je suis heureux ! J’ai vaincu cette gorgone redoutable !
Et j’ai reconquis durablement cette joie immense, ce privilège des dieux, cette liberté sans prix :
Etre seul !


PS. Ce « poulet » noir n’est qu’un exercice de style ! Bien évidement !
« Toute ressemblance avec des personnages ou des faits ayant existé, ne serait que pures coïncidences ! »

samedi 8 novembre 2008

La pie et le matou

Il serait amusant de savoir ce qu’aurait pu nous écrire, comme belle fable, notre cher La Fontaine, au spectacle qui me fut offert, un matin d’été ensoleillé, alors que j’ouvrais les volets de ma cuisine.
Sur le sol de la rue, à une vingtaine de mètres en face de moi, s’étalait la fourrure sombre d’un vieux matou, au regard féroce, mais au caractère fort débonnaire.
Il était là, dans la position du sphinx, dans une immobilité majestueuse.
Ce brave chat avait bien du mérite de rester aussi placide, car en face de lui, que vis-je de mes yeux incrédules, et encore englués de sommeil ?
Ce qui me permit de douter un moment de la réalité de ce que je voyais !:
Une pie !
Mais une pie qui, contrairement ce que dit le dictionnaire ne
« jacassait » pas, mais engueulait proprement notre félin à coup de cris sauvages, à dix centimètres de ses moustaches !
La queue dressée vers le ciel, le bec pointant vers le fauve miniature, les pattes bien plantées sur le sol, cela faisait furieusement penser à une scène de ménage.
Je n’ai pas besoin de vous préciser qui faisait l’épouse acariâtre
et où se trouvait le « mari » résigné !
Pensant que « l’époux » ne prenait pas assez au sérieux ses reproches justifiés, miss « bonbon » se mit à tourner autour de lui, en sautillant hystériquement, tout en continuant, bien sûr, son concert strident et courroucé!
C’est alors que je vis Raminagrobis, se plaquer au sol, les oreilles rabattues, et l’air plus furieux que d’habitude !
Je me suis dit :
« Voilà un petit déjeuner sur canapé et à plumes qui se prépare pour
notre moustachu excédé ! » !
Mais non !
Jugeant la « donzelle » un peu trop maigre à son goût ou un peu trop « casse bonbons »
notre « Pomponnet » se redressa lentement, s’étira langoureusement, puis se mit en marche du pas des honnêtes gens, qui n’ont ni soucis ni problèmes!
La queue en point d’interrogation, il se retourna une dernière fois pour voir sa tortionnaire sonore, en ayant l’air de lui dire en guise d’adieu :
« ça m’en touche une, sans faire bouger l’autre ! »
Selon une pensée immortelle proférée par un de nos grands hommes politiques !
Quant au motif de la colère de notre corvidé, nul n’en saura jamais rien !
Mais avec les femmes, allez savoir !

mercredi 29 octobre 2008

Des paupiettes à ressorts !

Comment ? Ça n’existe pas ?
Pas plus tard qu’hier soir, j’en avais une dans mon assiette !
D’ailleurs, en vérité, ce n’était pas la première fois que je découvrais ce genre de « bestioles monstrueuses » !
Il y a quelques années de cela, au self de mon entreprise, j’eus le malheur d’en être servi.

Je m’installais avec mes potes de boulot à une table et commençais mon repas !
Je m’apprêtais à trancher ce petit bout de ficelle de lin qui, depuis des siècles protégeait
« amoureusement » les chairs de ce chef-d’oeuvre de la gastronomie française, quand soudain, je fus interloqué par un phénomène étrange.
Au lieu de la coupure nette et franche attendue, voilà-t-y pas que le fil récalcitrant s’enfonce dans la viande, pour fuir la lame de mon couteau !
Horreur ! Au lieu du fil de lin, c’était un élastique comme celui que l’on met à la taille des slips et des caleçons de notre intimité masculine !
Et avec une résistance colossale, par-dessus le marché !
C’est marrant, mais les élastiques de bureau, ceux qu’on nous vend, sont d’une fragilité scandaleuse !
Mais avec celui des paupiettes, vous pouvez faire du saut à l’élastique, sous les piles du viaduc du Millau, vous n’avez rien à craindre !
Pour me rassurer sur la réalité de ce que j'observais, j'interrogeais mes collègues:

Eh ! les mecs ! On est quel jour ? Pas le premier avril, j’espère ?
Regardez la blague que l’on vient de me faire !

Mais ce n’était malheureusement pas une blague !
Mes collègues étaient affligés, dans leur assiette, des mêmes paupiettes perverses que moi !
Ah ! Je ne vous raconte pas le combat homérique qui suivit, pour becqueter ces « vacheries » !
On se tirait sur l’élastique avec l’énergie du désespoir !
(Oh ! Ça va ! Pas de blague foireuse ! Je vous vois venir !)
Paf ! L’infecte accessoire repartait frapper les flancs de l’escalope, en auréolant au passage nos cravates et nos chemises de belles tâches bien graisseuses, et bien colorées !
De temps en temps, se produisait « l’incident » malheureux !
Un paquet de viande ficelée s’évadait d’une assiette pour atterrir dans celle du voisin, qui vous répondait d’une manière rogne et peu amène !

_Non-merci ! « J’ai les mêmes à la maison ! »

Ce qui aurait dû être une collation sympa et reposante, dans un self d’entreprise, se transformait en bataille épique avec des morceaux de bidoches partout sur la table !
Ô la rage ! Ô la haine qui me vint contre les sombres crétins qui avaient inventé cette chose infernale !
Mais je me disais que la cantine d’un « pauvre » CE n’étant pas riche, et tirant le diable par la queue (ou l’élastique) s’était rabattu sur des produits de basse qualité, pour tenir son budget !
Alors qu’elle ne fut pas ma colère et mon désespoir de voir réapparaître cet objet du diable, dans mon assiette, hier soir !
Mais une idée cauchemardesque se fit jour dans ma caboche !
Serait-il possible, que désormais, « toutes » nos paupiettes glorieuses, vendues dans le commerce, soient affligées de la même…..tare ?
Mon Dieu ! Est-ce possible ?
Cet attentat criminel contre la gastronomie française a-t-il été perpétré sciemment par quelques fonctionnaires irresponsables du côté de Bruxelles ?
J’écris cela parce que ce ne serait pas la première fois que des niaiseries, des directives ubuesques nous tomberaient sur le paletot, sans crier gare, et sans avoir été prévenu le moins du monde !
Ou par des industriels cupides et viandards à la recherche de rentabilité et de profits toujours plus….juteux !
Qu’en penserait notre pauvre « Paulette » qui, comme personne ne l’ignore, fut la reine des paupiettes !
Olé !

mardi 14 octobre 2008

Une érection de « qualité » !

Ou « Roger » au bagne !

Ce matin, dans ma salle de bain, j’écoutais, à la radio, une voix mélodieuse, et terriblement féminine faire la publicité d’une revue médicale. Pour se faire, elle nous parla d’un article qui devait permettre aux hommes de retrouver
une « érection de qualité » !

«Caramba ! Oune érrresssionne di quoualità » ?
Se serait exclamé le Barbier de Séville !
Surtout dans la « bouche » d’une voix si charmante et si…sensuelle !
Pour le coup, mon « Roger » s’est réveillé d’un seul coup !
A chaque fois qu’on parle de lui, il faut qu’il la ramène !
Il est toujours en bonne santé, lui !
Jamais une seule défaillance !
Il me ferait plutôt des excès de « zèle » que de rester discret dans sa niche !
Dès que des courbes bien dodues se présentent à son périscope, il me fait une sérénade de tous les diables !
Et impossible de le retenir ! Il me fait des caprices, des insolences qui me font honte !
C’est comme à la piscine ! Je n’ai qu’une trouille, qu’une angoisse, c’est que cet espiègle indiscipliné pointe le bout de son museau, à chaque fois que passe une naïade affriolante !
Je vous prie de croire que son « érection » est de qualité à pépère !
Et vaillant, avec ça ! D’une endurance de marathonien !
Alors, je lui pardonne volontiers son immaturité d’adolescent !
Je me marre quand j’imagine un « gonze » au plumard avec une donzelle et que « Roger » renâcle !

_Mais n’aie pas peur, mon petit « Roger » la Madame ne va pas te faire du mal !
Elle va être très gentille avec toi ! Et puis fait un effort quoi ? Ne sois pas mufle !

Là, on peut varier les dialogues !

_Tu ne vas pas me faire ça, à ma future maîtresse, à ma future femme, à ma patronne qui doit me donner une promotion ? Ne m’abandonne pas lâchement au moment où j’ai le plus besoin de toi ? Après tous les soins dont tu bénéficies quotidiennement de ma part ?
Sale petit ingrat, va !

Mais « Roger » reste imperturbable et cabochard !
C’est que « monsieur » à ses « têtes » ! (Si j’ose dire !)
Et il fait la « fête » à qui il veut, quand il veut !
Au grand désespoir de celui qui prétend le « commander » !
Alors, je me demande avec intérêt et curiosité comment de grands médecins peuvent forcer, contraindre cette pauvre bestiole à une tâche qui la rebute de temps en temps !
Madame Bardot est-elle au courant, au moins ?
Et puis, un travail « forcé », un travail « d’esclave » n’est pas un travail de qualité !
N’est-ce pas Mesdames ?

samedi 4 octobre 2008

Trois extraterrestres....bien terrestres!

Si! Si! On peut parfaitement être considéré comme des
« extraterrestres », même si l'on est bien nés sur cette bonne vieille terre!
L'histoire que je vais vous raconter, va vous le prouver sans ambiguïté.
Ils sont trois pauvres prisonniers militaires dans ce camp du Nord de l'Angleterre, à la fin des années quarante.
La guerre est finie depuis de long mois déjà.
Ces prisonniers allemands, car il s'agit des lambeaux de la puissante armée allemande, attendent de rentrer chez eux!
Ils travaillent souvent dans les fermes des environs, bricolent, passent le temps comme ils peuvent!
Mais ces trois là ont une particularité fort étrange pour des « Allemands »!
Ils ont le type mongoloïde, la face plate et les yeux bridés! Le plus déroutant c'est que, non seulement ils ne parlent pas allemand, ce qui est grave pour des prisonniers
« Allemands », mais surtout, ils parlent un dialecte qu'ils sont les seuls à comprendre, et à employer entre eux!
On est très loin de la race des seigneurs, grands blonds aux yeux bleus, comme chacun le sait!
Eux, ce serait plutôt la race des steppes; petits, trapus, bruns, et les yeux en boutonnières de veste!
Personne ne s'occupe d'eux, ni ne cherche à savoir d'où ils viennent!
Les autorités anglaises sont embarrassées car elles ne savent pas à qui refiler ces trois « zozos »! Aucun pays n'en veut! Ni les Allemands, ni les Russes, ni personne!
C'est un autre prisonnier allemand, un authentique compatriote de Goethe, cette fois-ci, spécialiste des langues orientales qui a l'idée, tout à fait personnelle, de s'intéresser de près à ces faux « compatriotes »!
Il s'aperçoit rapidement que ces hommes parlent un langage proche de celui utilisé dans le haut Altaï, en pleine Mongolie centrale! Ce sont des Kalmouks!
Ah! La joie délirante et enfantine de ces trois pauvres « diables », qui ont enfin le bonheur d'être compris par quelqu'un d'autres qu'eux-mêmes, et ceci depuis plus de quatre longues années!
Et comme tous les muets contraints, et les bavards refoulés, ils vont être intarissables pendant des journées entières
Ce que ces trois pauvres épaves humaines vont alors lui raconter, est proprement hallucinant! C'est tellement incroyable que cela ne peut-être que..... vrai!
Heureusement qu'il y a des documents historiques pour l'attester, sinon personne n'y croirait!
Alors? Je vous la raconte ou vous la connaissez déjà?


Ils sont trois marcheurs solitaires, avec leur maigre baluchon, dans la poussière, sous le soleil et la chaleur du chemin rocailleux.
Cela fait des heures et des heures qu'ils ont quitté leur petit village de montage qui vit là-haut, depuis des siècles, de la même manière moyenâgeuse et pauvre. On n’y connait pas l'argent, mais simplement le troc.
C'est pour celui-ci que nos hommes arrivent maintenant devant les remparts, de couleur ocre d'une ville à peine plus moderne que leur village. En pénétrant, ils sont surpris du calme inhabituel et du peu d'activité qui y règne.
Comme leur marché ne se déroule que le lendemain, ils dorment tassés ensembles, dans le recoin d'une porte cochère.
Au petit jour, ils ne trouvent toujours personne. Devant cette situation étrange et inhabituelle, ils décident de repartir rapidement.
Mais au moment où ils veulent franchir l'une des portes de la ville, ils sont arrêtés par un barrage de militaires en arme; des cosaques!
Dialogue de sourd, palabres, vociférations, incompréhension, ils se retrouvent emmenés de force, sous la menace des fusils, dans des camions, vers une destination inconnue.
Dans une ville, toujours inconnue d'eux, on les habille de drôle de vêtements et on leur donne un fusil dont ils comprendront difficilement le fonctionnement qu'à force de cris et de hurlements toujours incompréhensibles proférés par des instructeurs cosaques hargneux et fort peu amènes!.
Puis un jour, on les entasse dans un train, dans des wagons à bestiaux, sans hygiène, sans le moindre confort. Ils vont voyager ainsi pendant des jours et des jours!
Les conditions de vie sont atroces! Il fait un froid épouvantable! Mais ils résistent!
Ils arrivent sur le quai d'une gare dans une ville encore plus grande et toujours plus mystérieuse.
Là, ils assistent médusés à un discours d'un petit homme à l'uniforme kaki et à la moustache drue et fournie. Ils apprendront plus tard qu'il s'appelle Staline!
Ils vont participer à la bataille de Stalingrad pendant des mois et des mois!
Oui! J' écris bien à la bataille de Stalingrad, l'une des plus meurtrières et des plus sanglantes de la guerre 39-45!
Leurs "pseudo" compatriotes meurent par dizaines, tous les jours. Ils se retrouvent de moins en moins nombreux au fil du temps qui passe.
Un des trois est gravement blessé, mais on les laisse ensemble parce qu'ils sont les seuls à se comprendre. Le blessé finit par se rétablir.
Mais un jour qu'ils combattaient dans une rue, leur officier leur crie un ordre qu'ils ne comprennent pas, bien sûr!
Tout un bloc de maison s'écroule devant eux, les séparant brutalement de leurs camarades russes!
Ils se retrouvent face aux allemands qui les font prisonniers.
Les Allemands sont aussi embarrassés par ces étranges prisonniers que le furent les Soviétiques avant eux !
Que faire de ces trois lascars? Le plus simple aurait été de les fusiller?
Mais sont-ils tombés sur un officier touché par leur « étrangeté » et leur détresse?
Toutes les situations, même les plus absurdes, et surtout les plus absurdes, surviennent souvent pendant les conflits armés!
Bref, Ils sont, en définitive, enrôlés de force dans l'armée Vlassov, qui était faite de déserteurs russes luttant contre le régime soviétique.
Et voilà nos trois Mongols repartis à combattre leurs anciens camarades, dans une guerre qui n'est toujours pas la leur, avec des soldats dont ils ne comprennent toujours pas la langue!
La fin de la guerre approchant, les éléments de l'armée Vlassov étant de moins en moins sûrs, les Allemands décident de les faire changer radicalement de front.
Par quels détours et par quels miracles se retrouvent-ils en France? Nul ne le saura jamais!
Ils ne peuvent l'expliquer eux-mêmes!
D'ailleurs, pour eux la France ne représente qu'un changement de paysage supplémentaire, avec quand même, du déjà vu, puisqu'ils se retrouvent dans le massif alpin près du fameux plateau des Glières!
Mais là ils décident qu'ils en ont assez de cette situation imbécile!
Ils font la "grève" de la guerre en s'endormant du sommeil des justes dans un verger!
Comble de malchance ou chance extraordinaire, c'est là qu' ils sont fait prisonniers par des maquisards!
Pendant des mois, ils vont être de corvées diverses et variées sans trop se plaindre de leur sort.
Ce qui se passe ensuite est assez confus et bizarre!
Toujours est-il que c'est de nouveau sous l'uniforme allemand qu'ils sont fait prisonniers par les troupes américaines ayant débarquées en Provence et remontant vers le nord!
Les Américains les remettent enfin aux anglais!
Et c'est ainsi que nos trois pauvres malheureux se retrouvent dans les brumes et les froidures de la belle Écosse!
Pour comprendre un peu l'origine de leur mésaventure, il faut savoir que
Leur petit village se trouvait en Mongolie indépendante, mais en allant à la ville, où ils avaient leurs habitudes commerciales, ils avaient pénétré le territoire soviétique!
Pas besoin de vous préciser que pour eux, les frontières, la géographie, les subtilités géopolitiques, c'était pas leur tasse de thé (Mongol).
Entre temps, leur village est repassé sous l'autorité chinoise pour être enfin récupéré par les Russes à la fin de la guerre!
Plus merdique et plus compliqué que cela, c'est pas possible!
Alors que ces trois braves garçons étaient la simplicité même!
On ne sait pas dans quelle condition, ni comment sont rentrés nos trois égarés, mais une chose est sûre, c'est que les longues nuits d'hiver, dans les chaumières du village, là-haut, dans les montagnes de l'Altaï, ont dû résonner de leurs exploits guerriers pendant de longues années!



mardi 16 septembre 2008

Un siège douloureux !


Non, il ne s’agit pas, ici, de l’histoire d’une chaise bancale, d’un fauteuil troué ayant fait souffrir un dos fragile.
Il s’agit d’un siège militaire en règle !
Mais sans vouloir le comparer à celui d’Alésia infligé par le grand Jules, aux auvergnats ou à celui de la pucelle devant Orléans, afin de chasser des « roast-beefs » envahissants, celui que je subis dans ma prime jeunesse, ne m’en a pas moins laissé, dans ma jeune cervelle, un souvenir aussi précis que ceux, dont j’eus la connaissance, plus tard dans les livres scolaires.
Les deux acceptions du terme sont d’ailleurs bien imbriquées dans cette histoire familiale ! Comme vous pourrez le constater !
Ma pauvre mère ayant sombré dans une affection psychologique assez commune, c'est-à-dire la dépression, la fratrie fut impitoyablement dispersée
au « quatre coins » de l’hexagone, comme l’écrivent certains imprudents !
A cinq ans, l’un de ses membres atterrissait, seul, dans le sombre et inquiétant pays de Rimbaud ; les Ardennes.
Avec le recul, je comprends pourquoi ce jeune homme, plein de vie et d’enthousiasme, l’a quitté si rapidement, pour des contrées lointaines plus accueillantes et plus chaudes de la Somalie et de l’Arabie !
Parce que les Ardennes, dans les années cinquante ! Hou !La ! La !
La brume, le froid, les sombres, profondes et inquiétantes forêts de sapins, les fumées d’usines, le bruit lancinant du marteau-pilon, tout cela n’inclinait pas le cœur à l’optimisme de
« l’Italien qui sait qu’il aura de l’amour et du vin » !
Pour parfaire ce joyeux tableau, la parentèle qui l’accueillit ou plutôt, pour parler plus juste, qui le recueillit, se composait de trois vieillards plus intéressés par la rubrique nécrologique du quartier que par la venue de ce petit oiseau tombé du nid !
Il s’agissait de ses grands-parents paternels, flanqués de l’ancêtre inoxydable ;
son arrière-grand-mère !
Ah la « Mémère Célina » ! Un personnage !
Une tête ronde, plus ridée qu’une pomme blette, toute vêtue de noir, comme il se devait en ce temps là, pour ajouter un peu plus d’optimiste et de « gaîté » à l’ambiance de tombeau qui régnait déjà dans la maison !
Heureusement pour le gamin solitaire, il y avait un beau jardin potager, derrière la maison, prolongé par un petit verger en pente très prononcée, touchant la lisière de la forêt qui nous dominait de sa masse sombre de verdure.
Et, oh miracle !Une balançoire trônait là depuis l’enfance de son père !
C’est vous dire si elle n’était pas récente !
Un beau matin d’été, miraculeux dans ces contrées nordiques, mémère Célina poussait gentiment son arrière-petit-fils sur cet engin oscillant.
Au bout d’un moment, comme tous les affreux galopins de 5 cinq dont la patience est très limitée, il en eut marre d’être poussé ainsi par la veille dame et commis le crime de lèse ancêtre ; il lui flanqua la planche du siège à travers la figure ! Le fit-il volontairement ou accidentellement, peu importe !
Mais Célina poussa un cri de douleur et de rage :

Hou ! Il m’a fait mal, le petit saligaud !

La riposte fut foudroyante, et à la fin d'une poursuite échevelée à travers le jardin et toutes les pièces de la maison, l'agresseur ne dut son salut que par un refuge stratégique sous le lit de la grand-mère!
Mais l'offensée ne s'avoua pas vaincue pour autant!
Elle entama un siège en règle ; et le mot "siège" prend ici toute sa saveur, quand on saura que l'ancêtre s'installa confortablement dans un fauteuil pour tricoter, en face de la cachette provisoire de "l'infâme" agresseur!
L'assiégé aurait indubitablement succombé à une famine redoutable, si la fille, par une inexplicable traîtrise, dont seules sont capables les femmes, n'avait pas ravitaillé en cachette l'infortuné combattant, au nez et à la barbe de sa propre mère!
(ou plutôt, à la "moustache" de celle-ci!).
Je n’ai pas le souvenir précis de savoir comment s’est terminé cette histoire dramatique.
Le drapeau blanc fut-il hissé ? Et la fessée évitée ?
C’est qu’on ne plaisantait pas, à l’époque
avec la dignité des adultes !
Ah! C'est qu'il s'en est passé des choses affreuses dans cette famille des "Atrides"!
Quant au garnement, je ne dévoilerai pas son identité, eu égard à l'honneur de ma famille, que je me dois de protéger!

lundi 15 septembre 2008

Pompon ? T’as un drôle de poil, ce soir !

Dans les familles, circulent toujours des histoires étranges ou cocasses.
Mon papa nous racontait toujours ce « drame » survenu à notre arrière-grand-mère.
La brave vieille logeait dans une mansarde bien froide.
Elle y dormait l'hiver, dans un grand lit, sous un gros édredon bien rembourré.
Pompon, en bon matou frileux et opportuniste, venait alors se pelotonner tout contre elle, sous la grosse couverture bien chaude.
C’était un gros chat noir, au poil bien soyeux.
Un soir de froidure, Grand-mère Célina, assise dans son lit, les lunettes sur le nez, les mitaines aux mains, lisait tranquillement.
Comme elle le faisait souvent, à intervalle régulier, sa main droite s’égarait sous l’édredon pour caresser Pompon !
_Dis-donc Pompon ! Tu as un drôle de poil, ce soir !
Puis elle reprit tranquillement sa lecture.
Soudain, la porte de la chambre, située en face d’elle, et sur sa gauche, émit un petit crissement plaintif.
Une tête féline toute noire fit son apparition !
Pompon !
Mais alors ? Qu’est-ce que je caresse ?
S’écria soudain la pauvre vieille affolée!
Le drap soulevé à la vitesse de l’éclair révéla la monstruosité repoussante :
UN RAT ! Un énorme rat avait eu l’audace et le toupet de prendre la place de Pompon !
Grand-mère Célina ne mourut pas ce jour-là, d’une crise cardiaque ! Elle vécut presque centenaire !
On a le cœur solide dans la famille !
On ne sait pas non plus si Pompon fit un sort au rat !
Mais vu la taille du rongeur, il a dû attendre prudemment que celui-ci file sans demander son reste.

vendredi 12 septembre 2008

Poissons rouges et coucous suisses

Jusqu’à une période assez récente, je prenais nos amis Suisses pour des gens très sérieux !
D’ailleurs, pour accueillir les comptes bancaires de tous les personnages douteux de la planète, il ne faut pas être des rigolos ou des irresponsables ! Sinon les 11.43, les P38, les 357 magnum auraient fait, depuis longtemps, des ravages, des troués démographiques importantes dans la population de nos banquiers helvètes, avec leur costard trois pièces, leur sourire « colgatisé » et leur havane dispendieux ( comme le disent nos amis de ma Belle Province !)
On ne plaisante pas au pays des fromages et des
coucous horlogers !
C’est pourquoi, quand j’ai entendu les nouvelles lois dont vient de se doter ce beau pays, je me suis demandé sérieusement, si certains de leurs parlementaires ne méritaient pas la camisole de force, et les cellules capitonnées de leurs cliniques psychiatriques.
A la lecture des nouvelles dispositions légales concernant les animaux domestiques, j’ai cru, un instant, que Pierre Dac était ressuscité, et que le journaliste de radio, était en train de nous lire un nouvel article de «l’Os à moelle »
C’est ainsi que j’ai appris avec « horreur et dégoût » que des gens de là-bas, balançaient leurs poissons rouges dans la cuvette des WC, sans même les avoir anesthésié au préalable !
Non mais, vous vous rendez compte ?
Sans anesthésie ! Quelle cruauté !
Moi, cela ne me viendra même pas à l’esprit, une chose pareille !
Heureusement, le législateur suisse veille !
Et maintenant, gare aux salopards, aux criminels qui n’endormiraient pas
« gentiment » et « pacifiquement » leur boule d’écailles rouges avant de leur faire goûter du
« canard wc » dans les gogues !
Qui ne se souvient pas de notre « tendre » et « douce » Maïté endormant une anguille récalcitrante, à coup de gourdin, devant les caméras de télévision, avant de la rôtir consciencieusement !
Les Suisses peuvent en prendre de la graine !
Nous, on sait traiter nos poissons avec douceur, avant de les….becqueter !
Poussant encore plus loin, la lutte contre les comportements
« barbares » des compatriotes de Guillaume Tell, les députés suisses ont aussi légiféré sur la vie sentimentale des hamsters, et autres bestioles à poil et à plumes, que tous parents ont eu à subir, et à entretenir, un jour ou l’autre, pour ne pas désespérer leur rejeton dans leur amour de la nature !
C’est ainsi qu’ils rendent obligatoire l’achat de deux bestioles au lieu d’une !
C’est vrai, ça ! Et la vie sentimentale de ces pauvres petites bêtes ?
Qui c’est-y qui y pense ?
Ben les députés suisses !
Ah mais! Ce sont des sentimentaux et des romantiques, nos amis suisses, quand ils sortent de leurs coffres forts !
L’inconvénient (mais très léger, rassurez-vous !) c’est que, parfois, les animaux contraints à une promiscuité qu’ils n’ont pas choisie, s’entretuent ! Comme le soulignait une propriétaire d’une animalerie, interrogée à ce sujet !
C’est pas grave ! On renouvellera le stock, et cela fera marcher le commerce !
Et tout le monde y trouvera son compte !
Je me réjouis, chaque jour que Dieu fait, de vivre sur une planète où des milliards d’hommes et de femmes meurent de faim, de soif, perdent tout dans des catastrophes naturelles, sont massacrés dans des conflits meurtriers, mais qu’il existe QUAND MÊME, une race d’hommes courageux, estimables, sensibles et intelligents, pour avoir la délicatesse admirable de s’occuper du confort des poissons rouges, et des animaux domestiques !
Je suis sûr que vous partagez mon…….Allégresse !

mardi 12 août 2008

Objets animaux ! Avez-vous donc une âme ?

Voilà une nouvelle qui aurait fort réjouit notre divin fabuliste, Jean de La Fontaine !
Même si j'ai plagié honteusement Lamartine dans mon titre!

Pensez donc !
Il est question de réviser le code pénal, pour donner un statut de
« personne sensible » à nos animaux de compagnie.
Car nous venons d’un monde d’une « cruauté » sans nom, qui considère encore que
le « mimi » à sa mémère, ou que « Chipette », ses boucles blanches, et sa taille de ragondin, ne sont que de vulgaires « objets », comme un tabouret, une savonnette, une brosse à dents, ou pire, un beau
« jésus lyonnais »!
Ah ! La ! La ! Quelle « monstruosité » dégoûtante !
Ce cynisme dans la loi ne peut être que la marque de l’insensibilité grossière de ces « machos » de mecs qui ont rédigé ces textes
« racistes » pendant des siècles!
Il fallait « à tout prix » revoir ces dispositions légales d’une
« inhumanité » révoltante !
Nos braves politiciens, qui sont toujours affamés de démagogie, comme l’ours l’est du miel, vont se précipiter pour réparer cette
« infamie » !
Je les mets pourtant en garde contre un gros
« inconvénient » qu’ils ne perçoivent pas tout à fait !
Car si le chat et le chien deviennent des
« personnes sensibles » ayant un statut particulier qui les protège contre toutes les cruautés, toutes les atteintes à leur «intégrité physique », cela va poser un énorme problème de « justice » vis à vis de la gente animale tout entière!
Est-ce que les bœufs, les veaux, les vaches, les moutons, les brebis que l’on « zigouille » tous les jours par milliers, vont pouvoir bénéficier du même statut ?
C'est vrai, ça! Qui douterait qu'Aglaë, broutant pacifiquement sa luzerne dans son pré
soit une « personne sensible »?
Mérite-t-elle qu'on la transforme en steak tartare, en bœuf braisé ou en entrecôtes premier choix, sans lui demander son avis?
N'aurait-elle pas le droit d'être, elle aussi, protégée par la loi?
Comme.....personne sensible?
Et je ne vous parle pas des centaines de milliers de poulets, de canards, d’oies
et autres volatiles !
N'entendez-vous pas leur « coin-coin » et leur « cot-cot codèque » joyeux
de « personnes sensibles »?
Méritent-t-ils de terminer dans une position indécente, la peau cramée, dans un plat de porcelaine, le fondement bourré de pruneaux ou de châtaignes?
Si? Alors, c'est que vous n'avez aucun sens de la justice!
Bon ! Pour les œufs, cela pose moins de problème, puisse que l’avortement est déjà légal ! Imaginez bientôt les scènes ubuesques qui risquent de se dérouler devant les abattoirs :

_Au nom de la dignité animale, je vous demande de cesser tous ces crimes contre ces animaux « sensibles » et infiniment respectables !

Les amateurs de blanquettes de veaux, d'andouillettes, et de tournedos Rossini, ainsi que les passionnés de chapons de Bresse, ont intérêt à se convertir « rapido » dans le riz Basmati et la salade de cresson !
Sinon, les foudres de la loi risquent de leur donner des aigreurs d’estomac, d’ici peu !

Ces veinards de chiens et de chats, que la loi veut protéger à tout prix, n'ont qu'une seule et unique petite chance: Ils ne sont pas comestibles!
Enfin! Juste sous nos contrées « civilisées »! Parce qu'ailleurs.....!!

Car nos toutous et matous, si on pouvait les servir façon civets ou rôtis pommes vapeurs, leur statut de « personnes sensibles », aurait du plomb ( de chasse!) dans l'aile.
Ils pourraient encore attendre longtemps pour qu'on leur donne ce statut attentatoire à nos valeurs gastronomiques !

Pourquoi, soudain, ma petite chatte me regarde-t-elle de cet air sombre et inquiétant?

_Mais non ma chère Keny!
Je ne vais pas te transformer en « lapin chasseur aux giroles », ce dimanche midi!

Enfin....pas tout de suite!
Et puis vous savez ce que c'est....la famille risquerait de râler!

_Encore du lapin?
_Mais de quoi vous plaignez-vous?
_Ce n'est pas « une personne sensible » que je sache?


samedi 9 août 2008

Le Léviathan a toujours faim !

Avant de parler de quelque chose, il est bon d’en donner la définition exacte ou celle que vous voulez lui prêter !

Voici ce que j’ai trouvé sur le web de plus « significatif » :

Léviathan,
(de l'hébreu: לויתן, liwjatan) est un monstre marin évoqué dans la Bible, au Livre de Job (3:8, 40:25), dont le nom désigne un monstre colossal.
Ce monstre, dont on ignore la forme, peut être considéré comme l'évocation d'un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète, et d'en bousculer l'ordre et la géographie sinon d'anéantir le monde.
Léviathan est également, selon certaines versions, le nom donné à un des démons principaux de l'enfer. Selon les rabbins, il serait un des quatre cardinaux gouvernant au Midi, une des quatre parties du monde.
Léviathan est représenté au Moyen Âge sous la forme d'une gueule ouverte qui avale les âmes, représenté ainsi comme l'entrée des enfers.
Le léviathan est souvent représenté sous la forme d'un gigantesque serpent de mer, dont les ondulations sont à l'origine des vagues.
Il serait l'un des 4 monstres « présents » au Banquet de l'Apocalypse.
Thomas Hobbes utilise aussi le léviathan comme métaphore pour désigner l'État.


Pour, moi, c’est aussi celle de Hobbes qui emporte mon adhésion, c’est l’organisation étatique dans toute sa splendeur et sa rigidité ubuesque.
C’est un monstre froid qui est en train de nous dévorer corps et âmes !
Nous déléguons ! Nous déléguons ! Nous déléguons !
Et l’autre « bestiole » prend ! Prend ! Prend ! Insidieusement, silencieusement, vicieusement, et comme une immense et impitoyable crémaillère ; le retour arrière est impossible !

Je comprends la peur d’une partie de mes compatriotes, et je suis effrayé par l’inconscience de l’autre !
Car l’institution européenne qui se prépare, c’est une couche supplémentaire de l’emprise étatique sur les citoyens, un cran supplémentaire de la crémaillère infernale qui va étrangler un peu plus nos libertés individuelles !
« On nous a tant assujetti aux « cordes » que nous n’avons plus fière allure » se plaignait déjà ce pauvre Montaigne, qui voyait déjà le danger monter à grande vitesse !
Et c’était au 16° siècle !
Vous imaginez les progrès que le « Léviathan » a fait depuis ?
Et les « cordes » commencent à se resserrer drôlement !
Verrons-nous un jour enfin, une société où les hommes feront « ce que voudront » comme le rêvait Rabelais ? Ou faudra-t-il subir éternellement la loi du Léviathan, celle de ses gardes chiourmes armés de leur « carnets à souche », de leur matraque, et celle de ses serviteurs « zintellectuels » zélés , celle de ses censeurs émasculant ?

Voilà de quoi vous « plomber » une joyeuse soirée entre amis !

Mais c’est pas tout !
Pour votre culture personnelle, je ne saurais trop vous recommander la lecture d’un pamphlet
L’Etat, qu’écrivit un homme génial et intelligent, magistrat et économiste de son état, mort beaucoup trop tôt, au milieu du 19ième siècle ; Frédéric Bastiat.

Si vous n’avez pas la patience de le lire, je vous renvoie au site Internet qui lui est consacré :
http://bastiat.org/

Mais je ne peux manquer de vous en citer un court passage, qui illustre parfaitement mon propos :

L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

Car, aujourd'hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d'autrui. Ce sentiment, on n'ose l'afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s'adresse à l'État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. » Hélas! l'État n'a que trop de pente à suivre le diabolique conseil; car il est composé de ministres, de fonctionnaires, d'hommes enfin, qui, comme tous les hommes, portent au cœur le désir et saisissent toujours avec empressement l'occasion de voir grandir leurs richesses et leur influence. L'État comprend donc bien vite le parti qu'il peut tirer du rôle que le public lui confie. Il sera l'arbitre, le maître de toutes les destinées: il prendra beaucoup, donc il lui restera beaucoup à lui-même; il multipliera le nombre de ses agents, il élargira le cercle de ses attributions; il finira par acquérir des proportions écrasantes.

Hallucinant de lucidité, n’est-ce pas ?

mercredi 30 juillet 2008

Surin et sueurs froides

Cette fin de dimanche, dans notre chambrée, à Bou-Sfer en Algérie, aurait dû être peinarde et tranquille.
D’ailleurs, elle a bien commencé comme cela !
Mon caméléon en était à sa troisième sauterelle avalée goulûment, mais avec craquements sinistres et obligatoires !
Notre ch’ti à sa sixième bibine, notre « armoire normande », ses grands yeux bleus et sa tignasse blonde, à son dixième éclat de rire tonitruant,
les autres roupillaient ou lisaient, et notre séminariste de jésuite lisait son bréviaire !
Si ! Si ! On avait un séminariste jésuite !
Dont un très lointain parent avait dû servir de modèle à Molière, pour écrire son « Tartuffe » !
Je revois un de mes gentils camarades, un brave garçon du Midi, l’air tout penaud, les yeux baissés de vilain pécheur, se faire « sermonner » par ce grand escogriffe, parce qu’il avait le malheur de fréquenter un peu trop assidûment le BMC de la Légion, alors que lui avait des draps douteux, ponctués de taches suspectes qui n’étaient sûrement pas le fruit d’une méditation religieuse et mystique.
Nous en étions là de ce tableau bucolique quand la porte s’ouvrit brutalement sur une face hilare et fortement avinée.
Pas besoin d’éthylotest, il suffisait de regarder la couleur de son pif pour savoir que son taux d’alcoolémie battait des records indécents !
Nous le connaissions tous ! C’était notre coiffeur !
Celui qui nous rasait la colline capillaire et qui nous faisait des têtes de bagnard à faire peur à nos mères et aux futures bénéficiaires de pension alimentaire !
Au demeurant, charmant camarade, sans histoire, et de bonne compagnie.
Il y a des individus qui ont le vin teigneux, d’autres « dépressifs »
lui, il l’avait « amoureux » et tendre !
C’est ainsi qu’il se précipita sur le premier lit, près de la porte, tomba sur le copain un peu surpris, et lui susurra à l’oreille, mais assez fort pour que nous l’entendions tous :

_Fais moi une bise ! J’veux te faire une bise !

Pas besoin de vous décrire les hurlements de joie, les lazzis, les plaisanteries douteuses et graveleuses qui fusèrent, éveillant ainsi une chambrée assommée par la moiteur infernale des pays du Maghreb !
Comme nous n’avions pas beaucoup de distractions, ce spectacle dû à un « artiste de l’improvisation » était le bienvenu !
Il passa ainsi de lit en lit.
Moi aussi, j’eus droit à la bise baveuse et alcoolisée du Bacchus d’un soir !
C’est lorsqu’il arriva au lit du « radis noir » (vieille expression anti-cléricale) que les choses se gâtèrent !

_Fais moi une bise….
_Non !

Répondu sur un ton pète-sec et sans appel !
La chambrée émit une protestation de connivence avec l’intempérant, histoire de provoquer un peu plus notre hypocrite réfractaire !

_Non, vous dis-je ! Ce n’est pas dans mes principes, et je ne me prêterai pas à ces jeux grotesques et indécents !

Snobinard, va !

C’est alors que notre coiffeur bondit sur le jésuite, lui fit une clé pour le paralyser, sortit un terrifiant rasoir à manche, et le plaqua sur sa gorge blafarde.
Je sais, maintenant, ce que cela représente, de passer, en une fraction de seconde, d’une ambiance joyeuse et festive, à la situation la plus dramatique et la plus terrifiante qui soit.
C’était tellement surprenant et inattendu que nos cervelles se refusaient à enregistrer ce que nos yeux voyaient.
Un rictus cruel impitoyable avait déformé instantanément le doux et tendre visage de notre camarade.

Que de monstres effrayants sommeillent au fond de l’inconscient des hommes, et qui sont prêts à se réveiller à la moindre occasion.
J’en avais, là, sous les yeux, la parfaite démonstration, grandeur nature !

_Alors ? Tu me la fais cette bise ?

Dire que nous étions pétrifiés d’horreur et d’impuissance, serait d’une vulgarité et d’une banalité indigne de la situation. Alors faite comme si je ne l’avais pas écrit !

_Non !

Ce « non » nous le reçûmes comme un coup de poing à l’estomac !
Nous imaginâmes instantanément la vision de notre camarade la gorge tranchée et le sang qui giclait à flot !
Eh ben pas du tout !
Le tortionnaire relâcha sa victime, replia son « coupe-choux », et sortit, non sans claquer violemment et rageusement la porte !
Ah ! Je vous prie de croire qu’il y en a un qui passa un sale quart d’heure !
Je ne sais pas combien de sermons il fit par la suite, mais celui qu’il subit de notre part, il n’est pas prêt de l’oublier !
Je n’ose vous répéter les noms d’oiseaux qu’il subit, mais vos connaissances personnelles en ce domaine, vous permettront de combler mon silence pudique sur la question.
Quant à notre coiffeur, il ne subit aucunes représailles, punition et même pas la moindre réflexion de l’un d’entre nous
et continua à tailler des tignasses dans la joie et la bonne humeur sans le moindre remord !
O tempora ! O mores ! Comme écrivent les snobs !
Car aujourd’hui, nous aurions subit l'affligeante et stupide
« cellule de soutien psychologique »
avec interview de chacun de nous par LCI, « té-èffe-huns »
France 2, Paris-Match, Voici, Gala, Télé 7 jours, « Le journal du dimanche »
et avec un peu de pot, le « Soir de Bruxelles », et le « New york Times » !
Et notre « joyeux drille », mis en examen pour menaces de mort, purgerait une détention
très « préventive » d’au moins cinq bonnes années avant d’être jugé, pour se prendre au moins dix années de prison !
Alors que là ? Rien !
C’est marrant, mais vous voyez, je ne m’en suis jamais plains! Ni aucun de mes camarades, et pas même ce faux derche de futur jésuite!
C’est étrange non ?
Qu’est-ce qu’on était « bêtes » et « stupides » avant tous ces…progrès de la psychologie et de la justice !
Mais depuis cet incident dramatique, je me pose une question :
Cet « enfoiré » de jésuite a-t-il fait preuve d’un immense courage ou d’une incommensurable connerie ?
En quarante ans de réflexion, je n’ai toujours pas pu……trancher !


PS Parce qu’il y a des jeunes filles qui peuvent me lire, et quelques féministes hystériques (pléonasme !) , je ne préciserai pas ce que fut le BMC.

vendredi 25 juillet 2008

Les escrocs de la science-fiction

Il y a toutes sortes d’escrocs !
Les escrocs à l’assurance, au fisc (très dangereux, et risqué !)
les escrocs aux sentiments (très nombreux chez tous les sexes )
les escrocs aux assedics, les escrocs à la sécu, les escrocs de la politique (pléonasme !)
Les escrocs de la voyance etc… !
Mais qui n’a jamais stigmatisé les escrocs de la science-fiction ?
Et pourtant ! Ils sévissent à la pelle, et dans tous les médias !
Moi, à la fin des années soixante, j’ai assisté, dans le cinéma nommé « l’Empire », près de la place de l’Etoile, au visionnage de « 2001, l’odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick !
Quel choc ! Quels souvenirs éblouis !
Vaste salle qui deviendra plus tard un studio où sévira pendant de longues années, Jacques Martin, tous les dimanches, sur la seconde chaîne,
Cette salle était prodigieuse de confort et de modernité !
Ecran géant hyperbolique, des dizaines de haut-parleurs dissimulés partout, des fauteuils de « pédégé » profonds et moelleux, avec tablette de travail, lampe, et luxe suprême, on vous remettait un livret sur le film, comme à l’Opéra !
De ma vie, je n’ai JAMAIS retrouvé un confort et un luxe pareil dans une salle de cinéma ! Jamais !
Mais le sujet n’est pas là !
Moi, jeune naïf des années 70, je m’imaginais des bases lunaires en 2001 ! Il n’y avait aucun doute à ce sujet !
Puisque des esprits aussi intelligents qu’Arthur Clarke et Stanley Kubrick y croyaient !
Aidés de plus, par des ingénieurs de la NASA et de chez IBM !
Allez donc penser contre l’avis de tous ces d’experts compétents (en un seul mot, bien sûr !) Impossible ! Suicidaire !
Et que s’est-il passé « réellement » en 2001 ? Les attentats du 11 septembre!
Quant aux bases lunaires ? Peau de zébi !
A part quelques détritus métalliques pourrissant là-haut, depuis l’épopée d’Apollo, il n’y a pas le moindre petit abri scientifique logeant un bipède terrestre !
A la même époque ou peut s’en faut, je regardais une série « fantastique » britannique de science-fiction qui s’intitulait : « Cosmos 1999 » !
Oui ! Car en cette année dramatique, la lune devait se détacher de l’orbite terrestre et emmener hors du système solaire, notre pauvre satellite et quelques malheureux terriens égarés dessus, dans des bases scientifiques (déjà ?)
Je n’ai pas besoin de vous dire que notre astre des nuits est toujours là, bien accroché à sa maîtresse, la terre, et pour encore un bon bout de temps !
Quant à « New-York 1997 » où l’on voyait cette ville transformée en prison géante de cauchemar, moi, à la place des auteurs du scénario, je ne me déplacerai plus que la nuit, qu’avec un passe-montagne sur la tronche, pour qu’on ne me reconnaisse pas !
Et oui !
Les ratages et fausses prévisions de ces auteurs sont légions et ne choquent personne !
C’est fou comme l’Homme est toujours pressé dans son optimisme béat à imaginer l’avenir !


Ce qui me fait hurler de rire, car je suis un épouvantable pervers, c’est d’imaginer le sort du livre d’un auteur de science-fiction, contemporain du grand « Jules » (Verne pour les intimes) qui aurait osé écrire que la grande « nouveauté », le nec plus ultra du modernisme, en 2008, à Paris serait ?……………….Le vélo !
Oh ! On peut aisément concevoir le flop éditorial qu’il se serait ramassé !
Au lieu de machines volantes individuelles, se retrouver à pédaler dans les rues de Montmartre à « vélocipède », au 21ième siècle, voilà qui aurait poussé au désespoir complet, les plus optimistes de nos imprudents visionnaires !
Comme le disait déjà quelqu’un : « l’avenir n’est écrit nulle part » !
Et encore moins sous la plume ou le clavier, (car il faut être moderne et penser au traitement de texte !) d’un auteur de science-fiction ,que pour ma part, j’aurais une forte envie de rebaptiser : auteur de « science-affliction » !
Adieu les "Azimov, Clarke, Wells" et autres escrocs des "prédictions scientifiques" Allez rejoindre vos consoeurs (toujours en un seul mot!) les chiromanciennes, les tireuses de cartes, les liseuses de marc de café, les astrologues de mes deux choses etc....!
Bon ! Je vais aller-me « téléporter » ailleurs avant que cela ne se gâte pour mon matricule !
Il y a encore des fous furieux pour croire à ces niaiseries !


lundi 21 juillet 2008

Un don familial

Avant de vous le révéler, je préfère vous en donner une description par l'exemple.
Un soir, je regardais un vieux film de George Cukor sorti en France en 1947, année de ma naissance: « Hantise », avec la toute jeune et splendide Ingrid Bergman, entourée de notre compatriote Charles Boyer, et de Joseph Cotten l'inoubliable personnage du film « le troisième homme » de Carol Reed.
Cela se passe dans le Londres du milieu du 19ième siècle où l'on s'éclairait encore au gaz de ville! D'où le titre anglais du film: « Gaslight ».
Les personnages évoluent dans un immeuble bourgeois du cœur de la ville.
Et là, parmi les domestiques, se trouve une jolie soubrette, à l'air un peu revêche, un tantinet « casse-burnes » , dans toutes les acceptions du terme, quand une femme se croit irrésistible!
Je ne vous fais pas un dessin, vous en connaissez tous au moins une dans votre entourage!
Tilt! Que je me fais dans ma caboche!
Non! Ne croyez pas qu'elle contienne un flipper! C'est juste une réflexion!
Ce visage me dit quelque chose! Encore quelques petits mouvements de sa frimousse devant la caméra et....toc!
Bingo! Je reconnais la délicieuse fouille-merde « d'Arabesque! » Angela Lansbury!
Bon! Avec quarante années de cellulite et de lifting en moins, bien sûr!
Mais c'est bien elle!
« Arabesque »! Qui ne connait pas cette série policière où sévit une certaine Jessica Fletcher! Remarquez bien, qu'une bonne femme comme ça débarquerait dans mon voisinage; c'est les valoches faites en quatrième vitesse, et la fuite éperdue en bagnole pour n'importe où!
Car, partout où elle passe, vous êtes sûr qu'il va y avoir de la viande froide dans le secteur, et dans les vingt quatre heures minimum!
Une vraie calamité! Que dis-je une calamité? Un fléau, ouais!
Il n'y a que les pompes funèbres qui se réjouissent, quand elle pose ses valises quelque part! Mais je m'égare! Car vous l'aurez deviné, je suis un physionomiste en diable!
Je ne retiens aucun prénom, ce qui me vaut des inimitiés tenaces, mais un visage, toujours!
Les faux-vieux ou les fausses vieilles du cinoche ou du théâtre m'ont toujours fait hurler de rire! Avec moi, Arsène Lupin n'aurait pas tenu dix secondes!
Il aurait pu se mettre toutes les moumoutes possibles et inimaginables sur la tronche que je l'aurai quand même reconnu!
Les maquillages ridicules du pédant Georges Descrières et du savoureux Robert Lamoureux ont toujours été pour moi, des moments d'intense rigolade, quand ces deux acteurs interprétaient le « gentleman cambrioleur »!
Car il y a une chose que l'on ne peut jamais maquiller, c'est le regard!
Et il est pour moi aussi unique que des empreintes digitales!
Devinez de qui je tiens ça? De ma chère grand-mère paternelle!
Pauvre grand-mère vivant, dans une maison des Ardennes, une petite vie triste, étriquée et sans beaucoup de distractions. Son jardin secret, c'était la lecture d'une revue un peu spéciale et fort décriée par tous les intellectuels et bien pensants de la terre: Détective!
Revue, style « gala » ou « voici » mais spécialisée dans les crimes sordides, passionnels, les affaires de mœurs, etc!
Un jour, mon père qui faisait son service militaire, ramena à la maison, un copain à lui. Jeune garçon charmant, poli, discret. Tout ce passe le mieux du monde.
Mais lors de la Perm suivante, ma grand-mère ne put s'empêcher de dire à mon père:

_Tu sais, ce garçon, ton copain, et bien, j'ai déjà vu son visage quelque part!
_Comment ça? C'est impossible, maman! Ce garçon a toujours vécu dans le midi, et il n'était jamais venu dans les Ardennes! C'était la première fois!
_Pourtant, je t'assure que ce visage me dit quelque chose!
_Tu sais, cela arrive à tout le monde de croire que l'on reconnaît un visage! Mais c'est une simple similitude! Une simple coïncidence!

Bon! La grand-mère ravale son intuition désavouée, mais n'en pense pas moins!
J'ai aussi quelque chose de commun avec mon aïeule, c'est que nous sommes extrêmement tenaces et persévérants quand un mystère ou un problème nous pourrit le « caberlot! ».
Si la grand-mère avait vu ce visage, elle remuerait ciel et terre, mais elle le retrouverait!
C'est pas le « ciel et la terre » qu'elle allait remuer, mais la « tonne » de « Détective » entassés dans le grenier.
Elle y passa des heures, des journées, au grand scandale du grand-père qui n'appréciait pas du tout cette désertion domestique, pour cause d'enquête criminelle.
Car il s'agissait bien de cela. C'est ainsi qu'elle tomba sur une dramatique histoire, dans un exemplaire de la revue datant d'une dizaine d'année!
Il s'agissait d'un parricide! Un jeune garçon de quatorze ans avait tué son père d'un coup de poignard. Et ce père était juge d'instruction! Excusez du peu!
Et bien ce jeune garçon était bien celui que mon père avait ramené à la maison!
Et quand vous pensez qu'elle l'avait reconnu, sur une vieille photo, qui ne devait pas être très bonne, par dessus le marché, dans une revue poussiéreuse, datant de dix ans, vous pouvez apprécier l'exploit!
Bon sang ne saurait mentir!


samedi 5 juillet 2008

Ma femme est une extraterrestre

Il a fallu que cela m'arrive à moi! Pas à un autre! A moi!
Comme pour David Vincent, j'ai su que le « cauchemar avait déjà commencé » un vendredi soir.
Alors que j'étais bien peinardement installé dans le canapé du salon, en train de regarder des niaiseries faussement culturelles à la télé, un grand cri de détresse a retenti dans la cuisine.
AAAARRRHHHH!
Mû par le devoir impérieux de porter secours à mon épouse, et surtout parce qu'elle me l'ordonnait furieusement à grands cris désespérés, je me suis porté à son secours!
Pas moyen de regarder une émission de télé tranquille, dans cette baraque!
C'est alors que la scène « gore » m'apparu dans toute son horreur!
Madame s'était plantée un couteau de cuisine dans la main, en voulant ouvrir un bocal de conserves.
Il est vrai que tout le monde ouvre un bocal en verre avec un couteau pointu!
Hein?
Qui doute encore du sens pratique des femmes! Pas moi, bien sûr!
Je n'oserais pas!
Surtout à notre époque!
Bref! La plaie était ouverte et saignait abondamment!
Moi, n'écoutant que mon courage, et révisant mes vieilles connaissances de secouriste, non pratiquées depuis au moins une trentaine d'année, je fis une compression de la plaie avec mes petits doigts boudinés, et un pansement d'urgence.
Le sang ne coulant plus, la plaie pansée et stable, je pensais (et non pas pansait: c'était déjà fait!) revenir peinard à ma téloche!
Que nenni! C'était compter sans la paranoïa médicale de ces
« dadames » renforcée par une visite impromptue de la voisine!
(De quoi j'me mêle!)
Hou! La! La! Faut pas plaisanter avec ces choses là!
Et puis, rien que pour « rassurer » votre épouse vous devriez aller aux urgences!
Grrrr! La tête pleine de pensées (non pansées!) et d'images où la voisine était lardée de poignards et de couteaux de cuisine, j'emmène « l'agonisante » aux urgences de l'hôpital de ma région.
Par une chance non sollicitée et surprenante, nous sommes
« traités » tout de suite et sans retard.
Ce qui me vaut le plaisir de retrouver ma « moitié », le visage hilare et joyeux
me racontant que le médecin l'avait rassurée et surtout « charriée ».
Quand celle-ci lui expliqua ce qui lui était arrivé, il retorqua que c'était « bien fait! »
Tel quel!
Que lui, les haricots verts, il les avait acheté tout frais, et sans bocaux, au marché de la ville!
Oui! J'avais oublié de vous préciser qu'il s'agissait de haricots verts!
Ce dont vous vous foutez royalement, et vous avez bien raison!
Donc, l'incident s'était clos heureusement et sans conséquence.
C'est le lendemain que l'épouvante me plongea dessus!
Tel un gerfaut sur un mulot!
Ma femme me dit que son pansement, et ben, elle n'en avait plus besoin!
-Comment ça? Plus besoin!
_Tiens, regarde toi-même!
Me fit-elle, complice!
Et là, mes enfants! Je fis un bond d'un mètre de haut, saisi par la surprise!
La plaie était fermée sans même une croûte!
Moi qui l'avait vu ouverte, la veille! Et qui saignait!
Croyant même qu'il aurait fallu un point de suture!
Je l'examinais, la tâtait longuement!
Il fallut que je me rende à l'évidence!
Comme dans les films de science fiction, quand la méchante créature venue d'un autre monde, se prend une « bastosse » dans le buffet, et qu'elle se verse un liquide à la con sur sa plaie, et que l'on voit celle-ci disparaître à vue d'oeil!

Ma femme est une extraterrestre!

Si jamais, je la vois écarter son petit doigt en buvant son bol de café ou en maniant son fer à repasser, je lui saute dessus, je la ligote fermement, et j'appelle la gendarmerie.
Ils sont parmi nous! J'en ai la preuve!
Et mes deux morpions de gosses?
Ils sont peut-être déjà contaminés?
Alors oui! Le cauchemar a déjà commencé!


lundi 30 juin 2008

Tatanes mortelles contre « cup of tea »

Le moment de la sieste post-prandiale, et dominicale, est un moment sacré pour moi.
Il me faut un bon soporifique bien gentillet qui m’endorme les cellules grises en douceur.
Depuis des années, je l’avais trouvé dans la vision des coups de lattes et des
« bourre-pifs » efficaces de mon « rouquemoute » préféré ;
« Chuck Norris » dans « Texas Ranger » sur « thé-effe-huns" !
Et c’est alors que survint un malencontreux accident de « zapette » !
Par une distraction que je m’explique difficilement, je passe sur France3, et je tombe sur une enquête de l’inspecteur Barnaby « so british » !
Et là, la transition est tellement brutale, tellement énorme, d’avec mon précédent feuilleton, que dans les premières minutes, je suis au bord de l’éclat de rire !
Il faut dire que lorsqu’on voit un inspecteur de police, se faire proposer une tasse de thé, par un témoin d’une affaire criminelle, là où un regard foudroyant et meurtrier paralyse les consommateurs d’un bar louche aux gueules "pas tibulaires , mais presque", il y a de quoi se marrer, non ?
Et quand un gentleman, officier en retraite, tiré à quatre épingles, dans son beau costard en « touède », promenant son clebs au pedigree aussi long que celui de la reine d’Angleterre, se propose de donner son avis sur la manière de mener l’enquête à un inspecteur patient et poli, on voit un « Texas ranger » étrangler à moitié un affreux récalcitrant qui a eu le malheur de ne pas débiter assez rapidement l’adresse où l’on pouvait trouver la petite amie du concierge qui avait vu passer le bandit recherché !
Sans oublier, que lorsque l’on voit une gentille petite « mummy » proposer ses « cookies » sortant du four, à un jeune inspecteur ravi et gauche, vous avez, de l’autre côté de l’atlantique, un sauvage hirsute, en T-shirt cradingue, qui n’a pas vu une machine à laver depuis trois ans, sur le pas de sa porte, et qui éructe un sempiternel :
_ vous avez un mandat  ?
En exhibant une artillerie capable de couler un porte-avions !
Si ça, ce n’est pas un « choc de civilisation » qu’est-ce qu’il vous faut !
Moi, ce sont des petites choses comme ça, qui me ravissent !
Que voulez-vous ! On ne se refait pas !
Et je ne vous parle pas des paysages bucoliques de la verte campagne anglaise, dignes du peintre Gainsborough, et de ses petites chaumières si mignonnes qu’on les croirait sorties d’une aquarelle, à opposer à ces murs de briques d’immeubles sordides, ces hangars, ces entrepôts, ces rues sans âme et sans le moindre intérêt, sans la plus petite valeur esthétique ou architecturale de ces grandes villes amerloques !
D’ailleurs, tous ceux qui auront eu le bonheur de voir un jour, le film
« Un poisson nommé Wanda » comprendront parfaitement le choc culturel qui existe entre ces deux
 sociétés !
Et encore ! Ils « causent » la même langue, les « cousins » !
Alors imaginez avec le reste du monde !

Comparez les séries policières de chaque pays vaut toutes les études sociologiques du monde !

« Dis-moi comment tu cours après les criminels, et je te dirai qui tu es » !


_ " Do you want a cup of tea, my dear » ?
_“Yes, but, with a cloud of milk, please

_“I fuck you, bastard!”