jeudi 4 novembre 2010

Extinction des feux

Au souvenir de l'effroyable nouvelle dont j'ai pris connaissance, lors d'un voyage familial, tout mon être est encore secoué de frissons d'épouvante. Je vais m'empresser de vous narrer cette expérience terrifiante.
Comme nous voyagions en voiture dans ces lointaines contrées de l'Est, entre Soissons et le Laonnois, mon frère fut pris de la subite envie d'un soulagement liquide et pressant que nous connaissons tous!
Traversant un petit village, la résolution de son drame urinaire nous apparu sous la forme d'un petit café ouvert à une heure encore très matinale, et embrumée d'une bruine cafardeuse.
Dans ce petit troquet sympa, une jeune femme, plus préoccupée par les devoirs de deux petits blondinets, morpions et remuants à souhait, nous accueille d'un air torve et peu amène.
Pendant que mon cher frangin se précipite aux toilettes pour régler son problème de vidange de matières organiques, je suis accroché, en compagnie de mon deuxième frère (car nous formons, une fratrie triangulaire au cas ou je ne vous l'aurais pas précisé!) au bar. Et sur celui-ci repose un quotidien régional sur lequel explose littéralement à mon regard un gros titre à la une:
« PRISON DE L...: IL MENACE LE GARDIEN AVEC UN EXTINCTEUR »!
Ah! Je vous avais prévenu que c'était terrifiant! A la limite de l'insoutenable!
Car vous lisez bien: « il menace »! Encore, il l'aurait « attaqué » ou moins grave « frappé »! Non!
Il l'a « menacé »! Si ce pauvre gardien s'était pris l'extincteur dans le buffet, cela lui aurait au moins calmé ses aigreurs d'estomac pendant une bonne quinzaine de jours!
Vous imaginez la scène d'épouvante? Cet homme honnête, probablement père de famille, plaqué au mur, les yeux exorbités par la terreur sous la menace de la trompe noire d'un extincteur et l'ignoble prisonnier lui criant:
_Passe-moi tes clefs ou je t'éteins!
Oui, parce qu'habituellement, le malfrat qui possède un « pétard », un « feu » c'est à dire un pistolet, aurait plutôt tendance à vouloir « allumer » sa victime! Mais avec un extincteur? Ce serait plutôt franchement ridicule!
Vous ne croyez pas?
Comme le « soulagé » de la vessie est revenu plus rapidement que je ne l'imaginais, et que nous avions déjà bu nos cafés, je n'ai pas eu l'opportunité de savoir comment s'était terminée cette dramatique prise d'otage! C'est par de semblables anecdotes que l'on prend conscience qu'il s'en passe des choses passionnantes et aventureuses dans nos belles provinces. Et que dire du talent de ces reporters courageux de nos petits quotidiens régionaux qui vont dénicher l'information palpitante qui va enrichir l'expérience émotionnelle de nos amis provinciaux?

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